SAPEURS-POMPIERS DANS LA CREUSE
M. le président. La parole est à M. Bartolomé Lenoir, pour exposer sa question, no 752, relative aux sapeurs-pompiers dans la Creuse.
M. Bartolomé Lenoir. Être pompier, c'est mobiliser chaque jour ses aptitudes physiques et intellectuelles au service des autres. Les horaires n'existent pas, l'engagement est total. Dans des départements comme le mien, la Creuse, le service rendu par les pompiers est immense, particulièrement quand l'accès aux soins est si difficile et l'isolement de plus en plus présent. Ce sont des centaines, des milliers d'interventions chaque année. Chaque caserne, chaque pompier porte une responsabilité et doit accomplir le devoir que la communauté nationale attend de lui.
Or être pompier, ce ne sont pas que des interventions ; c'est aussi souscrire à des valeurs, à une idée de la France qui va bien au-delà des clivages politiques. C'est une passion qui se transmet de génération en génération. La France a besoin de ses pompiers parce qu'ils la défendent. Lorsqu'on serre la main d'un pompier, on rencontre toujours la droiture et la sincérité.
Nous avons plus que jamais besoin de valoriser nos pompiers. À la fois pour eux, mais aussi, et c'est stratégique, pour la France. Ceux-ci, qu'ils soient professionnels ou volontaires, attendent que l'État reconnaisse leur valeur. Ils ont naturellement mal pris les tergiversations du gouvernement quand il s'agissait d'intégrer la durée de leur engagement au calcul de leur pension de retraite. Le décret tant attendu suscite l'incompréhension, vous le savez, monsieur le ministre, avec tant d'exclusions prévues. Ce faisant, le gouvernement prend le risque de ne pas mobiliser les futures générations, et je pense aux jeunes sapeurs-pompiers (JSP) qui sont notre avenir.
Les pompiers ne seront jamais des déserteurs, ils n'exerceront jamais de pression suffisamment importante sur le gouvernement. Cela ne fait pas partie de leurs valeurs. C'est pour cette raison qu'il faut les valoriser.
Que comptez-vous faire pour valoriser auprès des jeunes, ainsi qu'auprès des pompiers volontaires et professionnels, la passion d'être pompier, qu'il s'agisse de leur retraite ou de leur situation générale ?
M. le président. La parole est à M. le ministre délégué auprès du ministre de l'intérieur.
M. Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l'intérieur. Vous avez raison : la noblesse du métier de pompier, et la passion avec laquelle il est exercé, appelle, de chacun de nous, une hauteur de vue qui ne se prête pas à la polémique. C'est pourquoi aucune pression n'est nécessaire pour que le gouvernement prenne les mesures attendues par les effectifs sur le terrain, qui ont pu exprimer leurs attentes à l'occasion du Beauvau de la sécurité civile. Les engagements ont été pris et ils ont été exécutés dans les délais. Votre question me permet de le rappeler.
En ce qui concerne d'abord les équipements des services départementaux d'incendie et de secours (Sdis), des mesures très concrètes ont été engagées pour renforcer leurs capacités opérationnelles. Par exemple, à la suite des feux exceptionnels de l'été 2022, le pacte capacitaire, doté de 150 millions d'euros, a permis l'achat d'un millier d'engins d'intervention, dont la moitié, fin mars, était déjà déployée sur le terrain. Avec Mme Françoise Gatel, ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, nous avons engagé une réflexion sur le financement des Sdis, compte tenu des contraintes budgétaires que vous avez rappelées.
S'agissant de la retraite, je suis persuadé que ce qui compte pour les effectifs sur le terrain, ce sont les résultats. Le décret du 20 janvier 2026 prévoit qu'à compter du 1er juillet les sapeurs-pompiers puissent bénéficier de trimestres supplémentaires selon la durée de leur engagement – un trimestre pour dix ans, deux trimestres pour vingt ans et trois trimestres au-delà de vingt-cinq ans. À ces mesures très concrètes s'ajoute le dispositif de la nouvelle prestation de fidélisation et de reconnaissance (NPFR) qui prévoit l'abondement du compte d'engagement citoyen (CEC).
En ce qui concerne le soutien au développement du volontariat, le plan d'action 2026-2028 vise à renforcer et à moderniser le cadre dans lequel s'exerce l'activité des volontaires. Il prévoit de mobiliser et d'y associer encore plus les employeurs, parce qu'ils sont un élément clé du partenariat pour la mobilisation des effectifs.
Enfin, la sensibilisation et l'accompagnement du public, notamment des plus jeunes de nos compatriotes, doivent permettre de susciter les vocations et de maintenir l'engagement au bénéfice de la sécurité civile. L'engagement des sapeurs-pompiers est un des services les plus reconnus et les plus appréciés par nos compatriotes.