Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la transition écologique. Je partage naturellement votre engagement pour la qualité des sols et, in fine, la santé de nos concitoyens. Dans ce domaine, l'approche du gouvernement consiste à favoriser la connaissance des fonds géochimiques et pédologiques sur l'ensemble du territoire. La directive sur la surveillance et la résilience des sols récemment adoptée au niveau européen nous encourage à poursuivre les travaux engagés.
Comme vous l'avez indiqué, la connaissance des fonds géochimiques naturels constitue un prérequis à l'identification d'une éventuelle pollution des sols, étant observé qu'il existe des zones où le sol est naturellement riche en métaux sans que cela ne constitue une anomalie liée à un fait de pollution.
En cas de pollution constatée, notre approche consiste à vérifier, au moyen d'études réalisées au cas par cas, que les caractéristiques du sol sont compatibles avec les usages constatés ou envisagés sur le terrain en question. Si cette compatibilité n'est pas assurée, les propriétaires des parcelles peuvent rechercher avec l'appui des préfets la responsabilité éventuelle d'un industriel à l'origine de la pollution – à condition que celui-ci soit identifiable et existe encore. Depuis de nombreuses années, le ministère de la transition écologique a développé, finance et tient à jour une base de données recensant les sites susceptibles d'avoir été pollués par une activité industrielle. Ces informations sont accessibles au public sur le site www.georisques.gouv.fr.
Lorsque le lien entre la pollution et une activité industrielle n'est pas établi, il incombe au maire de prendre les mesures de protection sanitaire qui s'imposent – notamment les mesures d'interdiction de consommation de l'eau ou des produits potagers – dans le cadre des pouvoirs de police qui sont les siens, auxquels l'État n'a pas vocation à se substituer.
Je suis très intéressé par les dispositifs que vous proposez de mettre en œuvre pour aider les collectivités locales qui souhaitent apporter un appui aux particuliers, notamment en termes d'études, d'ingénierie ou de gestion des sols. La création du fonds que vous évoquez est prévue par un amendement parlementaire : j'imagine que nous aurons l'occasion d'en débattre à l'occasion de la nouvelle lecture du projet de loi de finances pour 2026.