Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre déléguée chargée de l'autonomie et des personnes handicapées. Je salue d'abord, madame la députée, votre mobilisation concernant les enjeux de santé publique. Vous êtes connue pour votre engagement dans la lutte contre le chemsex et sa prévention et vous vous consacrez ici au traitement d'un autre problème majeur de santé publique, qui touche particulièrement les jeunes femmes influencées par les réseaux sociaux.
Mme la ministre de la santé, Stéphanie Rist, m'a chargée de vous répondre en ce qui concerne les injections d'acide hyaluronique.
Il faut rappeler que ce sont en effet des actes esthétiques invasifs qui perforent la peau et qui peuvent, comme vous l'avez dit, entraîner des risques graves, jusqu'à la cécité ou l'accident vasculaire cérébral, l'AVC. À cause de ces risques, il importe de rappeler que seules les personnes médicalement autorisées – en pratique, les médecins – peuvent légalement les réaliser : toute injection esthétique réalisée par un non-médecin relève de l'exercice illégal de la médecine selon le code de la santé publique.
Le problème que vous soulevez n'est malheureusement pas nouveau : le ministère avait déjà alerté le public en janvier 2022 et il continue de rappeler régulièrement la réglementation aux agences régionales de santé – ARS – ainsi qu'aux différents acteurs du système de santé. Des communications officielles du ministère, de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes – DGCCRF – et de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé – ANSM – visent aussi à sensibiliser les consommateurs aux dangers inhérents à ces injections et aux pratiques frauduleuses.
Enfin, pour renforcer la sécurité, l'accès aux produits injectables à base d'acide hyaluronique est désormais restreint aux seuls professionnels de santé autorisés et sur prescription médicale – un décret est entré en vigueur en juillet 2024 à cet effet. À la suite du classement de ces produits comme implants par la Commission européenne, une mise à jour réglementaire est en cours pour permettre leur délivrance en pharmacie.
Plus largement, Stéphanie Rist et l'ensemble du gouvernement souhaitent mieux réguler la médecine esthétique à travers une définition claire de ses caractéristiques – qui permettra d'ailleurs de mieux la distinguer de la chirurgie esthétique –, l'identification des actes concernés pour encadrer la formation et les conditions de réalisation desdits actes et, enfin, le renforcement des règles de contrôle et de régulation.