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🧭Gouvernement Lecornu II
Sébastien Lecornu
, Premier ministre
Laurent Nunez
, Ministère de l'intérieur
Catherine Vautrin
, Ministère des armées et des anciens combattants
Jean-Pierre Farandou
, Ministère du travail et des solidarités
Monique Barbut
, Ministère de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature
Gérald Darmanin
, Ministère de la justice
Roland Lescure
, Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique
Serge Papin
, Ministère des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat, du tourisme et du pouvoir d’achat
Annie Genevard
, Ministère de l’agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire
Édouard Geffray
, Ministère de l’éducation nationale
Jean-Noël Barrot
, Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
Rachida Dati
, Ministère de la culture

Catherine Pégard
, Ministère de la culture
Naïma Moutchou
, Ministère des outre-mer
Françoise Gatel
, Ministère de l’aménagement du territoire et de la décentralisation
Amélie de Montchalin
, Ministère de l'action et des comptes publics
David Amiel
, Ministère de l'action et des comptes publics
Philippe Baptiste
, Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace
Marina Ferrari
, Ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative
Philippe Tabarot
, Ministère des transports
Vincent Jeanbrun
, Ministère de la ville et du logement
Avec
Stéphanie Rist
, Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées26 nov. 2025

ACTES MÉDICAUX ESTHÉTIQUES


Mme la présidente. La parole est à Mme Brigitte Liso, pour exposer sa question, no 422, relative à la pratique illégale d'actes médicaux esthétiques.

Mme Brigitte Liso. Ma question s'adresse à Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées. J'appelle son attention sur un enjeu de santé publique : la prolifération des fake injectors. Il s'agit de personnes non qualifiées qui pratiquent illégalement, à des fins esthétiques, l'injection de substances méconnues et non traçables, donc très douteuses, dans des conditions sanitaires souvent alarmantes.

Les premières victimes sont les femmes, souvent les plus jeunes d'entre elles, attirées par la promesse d'un idéal dicté par les réseaux sociaux. Peu coûteuses et très prometteuses en apparence, ces pratiques illégales peuvent entraîner des infections graves, des nécroses et des déformations irréversibles.

Au-delà du drame humain, l'entrée sur notre territoire de produits strictement interdits, l'entretien de circuits parallèles et la saturation de nos services hospitaliers, qui doivent prendre en charge les complications, sont préoccupants.

Ces pratiques sont irréversibles, elles entraînent une perte de confiance dans la médecine esthétique légale et alimentent une économie souterraine dangereuse : quelles actions concrètes le gouvernement compte-t-il mener pour enrayer cette menace ? Nos médecins formés à la médecine esthétique attendent des réponses, tandis que les victimes redoutent que d'autres jeunes filles et jeunes hommes subissent ce qu'elles ont vécu.

Il y a donc urgence à protéger nos concitoyens les plus jeunes de ces pratiques illégales et à réaffirmer avec fermeté que les actes médicaux esthétiques doivent rester du domaine exclusif des professionnels de santé qualifiés.

Mme la présidente. La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l'autonomie et des personnes handicapées.

Mme Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre déléguée chargée de l'autonomie et des personnes handicapées. Je salue d'abord, madame la députée, votre mobilisation concernant les enjeux de santé publique. Vous êtes connue pour votre engagement dans la lutte contre le chemsex et sa prévention et vous vous consacrez ici au traitement d'un autre problème majeur de santé publique, qui touche particulièrement les jeunes femmes influencées par les réseaux sociaux.

Mme la ministre de la santé, Stéphanie Rist, m'a chargée de vous répondre en ce qui concerne les injections d'acide hyaluronique.

Il faut rappeler que ce sont en effet des actes esthétiques invasifs qui perforent la peau et qui peuvent, comme vous l'avez dit, entraîner des risques graves, jusqu'à la cécité ou l'accident vasculaire cérébral, l'AVC. À cause de ces risques, il importe de rappeler que seules les personnes médicalement autorisées – en pratique, les médecins – peuvent légalement les réaliser : toute injection esthétique réalisée par un non-médecin relève de l'exercice illégal de la médecine selon le code de la santé publique.

Le problème que vous soulevez n'est malheureusement pas nouveau : le ministère avait déjà alerté le public en janvier 2022 et il continue de rappeler régulièrement la réglementation aux agences régionales de santé – ARS – ainsi qu'aux différents acteurs du système de santé. Des communications officielles du ministère, de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes – DGCCRF – et de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé – ANSM – visent aussi à sensibiliser les consommateurs aux dangers inhérents à ces injections et aux pratiques frauduleuses.

Enfin, pour renforcer la sécurité, l'accès aux produits injectables à base d'acide hyaluronique est désormais restreint aux seuls professionnels de santé autorisés et sur prescription médicale – un décret est entré en vigueur en juillet 2024 à cet effet. À la suite du classement de ces produits comme implants par la Commission européenne, une mise à jour réglementaire est en cours pour permettre leur délivrance en pharmacie.

Plus largement, Stéphanie Rist et l'ensemble du gouvernement souhaitent mieux réguler la médecine esthétique à travers une définition claire de ses caractéristiques – qui permettra d'ailleurs de mieux la distinguer de la chirurgie esthétique –, l'identification des actes concernés pour encadrer la formation et les conditions de réalisation desdits actes et, enfin, le renforcement des règles de contrôle et de régulation.

Mme la présidente. La parole est à Mme Brigitte Liso.

Mme Brigitte Liso. Je vous remercie de prendre en compte ma demande. J'ai évoqué plusieurs sujets, parmi lesquels les produits, qui ne se limitent pas à l'acide hyaluronique. À ce propos, on pourrait envisager d'élargir les critères de qualification des médecins autorisés à procéder à des injections. Il faut bien sûr traiter le problème des injecteurs illégaux, mais aussi celui de l'influence des réseaux sociaux, sachant qu'il y a un parallèle à faire entre les deux. Nous devons absolument protéger notre jeunesse.

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