David HabibMonsieur le ministre, je vais vous interroger sur les conditions de raccordement des installations de production photovoltaïque au réseau public de distribution d'électricité, ce que je ne devrais pas faire, puisqu'il s'agit de contrats de droit privé. Si je le fais, c'est parce que lesdits contrats sont conclus entre des agriculteurs, dont nous devons préserver la bonne santé financière, et Enedis, qui bénéficie d'une délégation de service public, afin de valoriser la production des panneaux photovoltaïques installés par ces exploitants agricoles.
Nous constatons en Béarn – mais la situation est sans doute la même dans d'autres régions françaises – une incapacité d'Enedis à assumer ses obligations contractuelles.
Ces contrats indiquent un délai limite d'un an pour le raccordement. Nous constatons pourtant dans ma circonscription que ce délai n'est absolument jamais respecté – ce qu'Enedis justifie généralement par des arguments spécieux, invoquant la situation sociale de l'entreprise ou l'incapacité technique d'intervenir. Or en se défaussant de ses engagements, Enedis place dans une situation intenable des exploitants agricoles qui ont fait des investissements parfois très lourds, puisqu'ils peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros. Cette entreprise, qui bénéficie d'une délégation de service public, se révèle donc incapable d'assumer ses responsabilités.
Comme je l'ai dit en introduction, ce que je viens de décrire ne relève pas de l'autorité de l'État, mais la délégation de service public confiée à Enedis, elle, en relève bien. Or, en politique comme en économie, il est parfois nécessaire de faire acte d'autorité : je vous demande donc de rappeler à Enedis ses obligations.
Certaines situations sont en effet très surprenantes. Par exemple, il arrive qu'Enedis contacte les agriculteurs, par courrier ou par téléphone, pour leur demander de se préparer au raccordement pour une date précise, en ouvrant par exemple des tranchées – ce que les agriculteurs font ; et, la veille de l'intervention, Enedis les rappelle pour décaler le branchement trois ou six mois plus tard, si bien que les agriculteurs sont obligés de sécuriser les tranchées en faisant de nouveau appel à une entreprise privée. Ces exemples se multiplient dans tout le territoire du Béarn.
Comme moi, M. le préfet des Pyrénées-Atlantiques a rappelé à plusieurs reprises Enedis à ses responsabilités. Je profite de cette séance de questions orales sans débat pour vous demander, monsieur le ministre, d'intervenir fermement auprès de la direction d'Enedis pour lui rappeler les engagements inscrits dans les contrats – ce qui me semble normal – et ainsi éviter que ces situations ne se reproduisent.