Sophie PantelJe souhaitais attirer l'attention de Mme la ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire sur les attentes des éleveurs pastoraux vis-à-vis de la politique agricole commune dans un contexte de crise sanitaire, de prédation – comme cela vient d'être rappelé – et d'accord avec le Mercosur.
En Lozère, l'élevage à l'herbe extensif joue un rôle déterminant dans nos zones de montagne. Tout d'abord, il contribue activement à la vitalité économique des territoires ruraux. Nous devons la réputation de nos terroirs aux filières de qualité et d'excellence qui s'y développent et qui, bien sûr, favorisent le tourisme.
Parmi les enjeux liés à cette activité, je citerai également le maintien des espaces ouverts, la lutte contre les incendies, la préservation de la biodiversité mais aussi la souveraineté alimentaire – plusieurs projets alimentaires territoriaux ont été déployés dans les zones concernées.
Or certaines décisions qui pourraient être prises suscitent l'inquiétude des éleveurs. Ils se demandent ainsi si le budget en faveur de l'élevage et de la ruralité sera maintenu ; si l'indemnité compensatoire de handicaps naturels en zone de montagne sèche sera conservée et augmentée, notamment au vu du dérèglement climatique ; si les Maec – les mesures agroenvironnementales et climatiques – seront reconduites et si elles s'appliqueront aux agriculteurs dont la production a atteint un bon niveau environnemental, plutôt qu'à ceux – comme c'est systématiquement le cas – qui doivent progresser en la matière ; si les structures collectives, les services de remplacement mais aussi les bâtiments en zone de montagne bénéficieront d'un soutien accru ; si la pratique du sylvopastoralisme, une tradition très importante dans les Cévennes, notamment dans les châtaigneraies et les chênaies, sera maintenue et reconnue ; si les aides couplées seront augmentées ; si une vraie définition de l'actif agricole sera établie ; si le zonage des prairies sensibles fera l'objet d'une révision afin d'assurer un équilibre entre les départements.
Quelles sont les orientations de l'État français sur toutes ces questions ? Quelles mesures défendez-vous auprès de l'Union européenne pour soutenir notre élevage extensif, une agriculture d'excellence, souvent familiale ? Un signal fort est nécessaire car 2026 sera l'année du pastoralisme.
Enfin, avec plus de quatre-vingts collègues, nous avons déposé une proposition de loi visant à créer un statut pour les louvetiers lorsqu'ils interviennent pour le compte de l'État. Le gouvernement soutiendra-t-il ce texte ? Est-il prêt à l'inscrire à l'ordre du jour dans le cadre d'une semaine du gouvernement ?