Géraldine BannierElle porte sur la responsabilité élargie des producteurs pour les produits et matériaux de construction du secteur du bâtiment. En effet, la mise en œuvre, depuis 2023, de la REP PMCB, issue de la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire, se révèle pour le moins compliquée. Elle suscite un fort mécontentement, voire de la colère, chez les professionnels et acteurs de la filière du bâtiment et de la construction ainsi que chez les élus locaux, notamment les maires.
Concrètement, la REP PMCB doit permettre au secteur du bâtiment, moyennant le paiement d'une écocontribution, de faire recycler ses déchets par Valobat, éco-organisme agréé pour effectuer le travail de recyclage de l'ensemble des déchets PMCB. Pourtant, aujourd'hui, les entreprises du secteur du BTP de la Mayenne paient une écocontribution de plus en plus élevée pour un service de recyclage qui, dans les faits, est de moins en moins assuré par Valobat.
À titre d'exemple, une entreprise comme Paillard Charpente, à Grez-en-Bouère, dans ma circonscription, m'a indiqué avoir versé plus de 30 000 euros d'écocontribution en 2025, sans qu'aucune collecte de ses déchets soit intervenue. Dans le même ordre d'idées, la collectivité du Pays de Meslay-Grez, toujours dans ma circonscription, dénonce une augmentation de la taxe générale sur les activités polluantes de 5 % en septembre et des coûts de collecte et traitement en augmentation alors qu'en parallèle, une hausse des dysfonctionnements – voire des interruptions – dans la collecte des déchets PMCB, a été observée.
La non-collecte des déchets PCMB entraîne des effets pervers et délétères, comme une recrudescence des décharges sauvages de matériaux dangereux ainsi que de nouvelles dépenses pour les communes, contraintes d'intervenir pour effectuer certaines collectes.
De son côté, l'éco-organisme Valobat explique qu'après une année 2024 où les déchets à traiter ont été peu nombreux, elle a dû faire face à un afflux bien plus massif en 2025, avec des tonnages mensuels de déchets, notamment des déchets de plâtre, très nettement supérieurs à ceux de l'année précédente. Selon Valobat, la question de la soutenabilité économique du modèle actuel de collecte se poserait, puisque le montant de la contribution est fixé à 5 % du prix de vente pour le plâtre, à 2 à 3 % pour le bois et à 4,8 % pour les membranes bitumineuses. Par ailleurs, le volume d'accueil dans les déchetteries publiques est une question cruciale, tout comme celle de la complémentarité avec des centres de tri en nombre suffisant.
Madame la ministre, face au mécontentement des entreprises et des communes, et alors qu'une deuxième vague de concertation était en cours avec les acteurs de la filière, qu'entend faire le gouvernement pour remettre enfin de l'ordre dans le secteur du recyclage des déchets du BTP ?