Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la mer et de la pêche. Je vous remercie pour votre rapport d'information. J'ai d'ailleurs été sollicitée par M. Stéphane Buchou pour une rencontre, et je vous inviterai pour que vous me le présentiez.
Vous m'interrogez à deux jours de l'ouverture des négociations sur les quotas et les TAC – totaux admissibles de captures. Je serai à Bruxelles dès demain et le maquereau va beaucoup nous occuper car l'état alarmant de son stock en fera le principal enjeu des négociations sur la gestion des pêches en 2026.
Depuis plusieurs années, la France et l'Union européenne alertent sur la trajectoire du stock du maquereau, dont la dégradation, d'après les évaluations scientifiques, est principalement liée à l'absence d'accord de répartition entre les différents États côtiers. Ce défaut d'accord conduit chaque année des pays n'appartenant pas à l'Union européenne à s'octroyer un quota de manière unilatérale, sans respecter les avis scientifiques.
L'Union européenne respecte sa part historique, mais ce n'est pas le cas des autres parties, notamment la Norvège, le Royaume-Uni, les îles Féroé et l'Islande. Par ailleurs, la Russie, qui ne siège pas aux tables de négociation, fixe chaque année un quota particulièrement élevé. Mes équipes négocient depuis plusieurs semaines pour qu'un accord de répartition soit entériné dès cette fin d'année, avec l'espoir de mettre en place un cadre international de gestion plus précautionneux. Ces négociations s'annoncent cependant particulièrement difficiles.
Ni les pratiques des navires français ni la gestion des quotas telle qu'elle est pratiquée en France ne peuvent donc être tenues responsables de l'état actuel du stock. Le quota français n'a jamais été dépassé et est optimisé tous les ans pour répondre aux besoins de la flotte française dans toutes ses composantes par le biais d'échanges avec d'autres États membres et entre les organisations de producteurs.
Au niveau national, notre objectif pour 2026 est donc de définir des règles de gestion applicables aux 1 300 navires qui pêchent du maquereau, les petits comme les grands, avec un peu plus de 16 000 tonnes de maquereau pêchées chaque année. La baisse potentielle de 70 % du quota français aura un impact considérable et nécessitera un effort de l'ensemble de la profession. J'appellerai donc à la solidarité, notamment des organisations de producteurs. Je suis mobilisée avec mes équipes, aux côtés de la filière amont, mais aussi aval, pour trouver le meilleur compromis de gestion en 2026 dans le cadre des négociations qui se tiendront cette semaine, mais il est certain que chacun devra prendre sa part des efforts.
Depuis plusieurs années, des réflexions ont été engagées pour mieux intégrer les critères socio-économiques et environnementaux dans nos modalités de répartition, en application de l'article 17 de la politique commune de la pêche. Les premiers travaux sur la répartition des quotas et sur la réserve nationale des antériorités ont abouti en 2025. Nous les poursuivons avec la profession et avec les ONG. J'en rencontre d'ailleurs certaines ce soir.