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🧭Gouvernement Lecornu II



















💬Discussion issue d'une question
:
Brigitte Klinkert

Chaque année, des centaines de kilomètres carrés sont concernés par des projets d'aménagement. Ce rythme soutenu d'artificialisation des sols entraîne parfois la destruction de vestiges enfouis. Dans ce contexte, tout en garantissant un aménagement durable des territoires, l'archéologie préventive est un pilier de la préservation du patrimoine. Elle nourrit la recherche historique et assure la prévisibilité des projets en identifiant avec précision les terrains mobilisables.

Pourtant, cette mission fondamentale est aujourd'hui fragilisée par un problème de financement. Depuis un arrêté de 2016, les recettes de la redevance d'archéologie préventive ne sont plus directement affectées au secteur mais reversées au budget général de l'État, créant un déficit structurel de près de 30 millions d'euros entre recettes et besoins. À cela s'ajoute une répartition inégalitaire des crédits : les collectivités territoriales, qui réalisent un quart des diagnostics, ne perçoivent qu'environ 15 % des financements, contre 85 % pour l'Institut national de recherches archéologiques préventives. Cette situation fragilise particulièrement les acteurs locaux qui pourraient se désengager si aucune sécurisation budgétaire n'est mise en place.

Des solutions existent, comme l'indexation de la redevance sur l'indice du coût de la construction ou la réaffectation obligatoire de ses recettes au financement de l'archéologie préventive. Quelles mesures le gouvernement compte-t-il prendre pour garantir un financement stable et pérenne de l'archéologie préventive, dont la mission est indispensable à la préservation du patrimoine ?
Philippe Baptiste,
ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace.
Madame la questeure, je vous prie de bien vouloir excuser l'absence de ma collègue ministre de la culture. Depuis 2016, le produit de la redevance dont vous avez parlé est effectivement reversé au budget général de l'État. Le financement de la mission sur laquelle porte votre question est désormais assuré par le programme 175, dont les crédits se sont élevés à environ 140 millions d'euros en 2025, destinés notamment au Fonds national pour l'archéologie préventive, le Fnap, et au financement des diagnostics d'archéologie préventive. En 2025, au regard de l'allongement des délais de réalisation des diagnostics, le gouvernement a exceptionnellement abondé la subvention de fonctionnement de l'Inrap, lui permettant de renforcer sa capacité opérationnelle et de répondre aux tensions identifiées.

Le dispositif de financement des diagnostics réalisés par les collectivités dotées d'un service archéologique habilité leur permet d'anticiper le montant des subventions à percevoir. S'agissant des fouilles, le Fnap attribue des aides pour faciliter la conciliation entre préservation du patrimoine et développement des territoires, en particulier en zone rurale. Sur la période 2016-2024, près de 44 % des opérations de fouilles ont bénéficié d'un soutien de l'État et plus de 50 % de ces subventions ont été attribuées annuellement aux collectivités territoriales.

L'archéologie préventive dispose ainsi d'un cadre qui assure un financement du Fnap et des diagnostics archéologiques pérenne et indépendant des aléas de rendement de la redevance. Il n'est pas envisagé de revenir sur ce dispositif, ni d'instaurer une réaffectation des produits fiscaux ou un mécanisme d'indexation automatique. Nous restons évidemment attentifs à l'évolution des besoins du secteur à travers un dialogue constant avec l'ensemble de ses acteurs.
Brigitte Klinkert

Je tiens à attirer l'attention du gouvernement sur le fait que la situation actuelle fragilise les acteurs locaux, c'est-à-dire les collectivités territoriales. Sans mise en place d'une sécurisation budgétaire, je crains qu'ils se désengagent.
le président

Je souhaite la bienvenue à Mme la ministre déléguée auprès du ministre de l'intérieur.
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