Marc de FleurianMa question s'adresse à M. le ministre du travail. Le 17 mars 2022, la compagnie P&O Ferries, qui assure des liaisons entre Calais et Douvres, a licencié près de 800 marins britanniques. À leur place ont été recrutés des marins étrangers payés largement en dessous du salaire minimum et qui acceptent de travailler sept jours sur sept, quatre mois d'affilée. Le but de l'entreprise était de réduire ses coûts et sa masse salariale. Une autre compagnie concurrente sur la même liaison, Irish Ferries, utilise aussi ces méthodes, des pratiques que nous qualifions de dumping social, qui menacent les compagnies françaises du trafic transmanche maritime mais aussi Eurotunnel, notre compagnie transmanche à sec.
La loi du 26 juillet 2023, loi de police entrée en vigueur en juin 2024, défendue par notre collègue breton Le Gac et soutenue au sein du groupe Rassemblement national par Pierrick Berteloot, vise à réagir à cette menace. Elle impose aux navires transporteurs de passagers sur la liaison transmanche, quel que soit leur pavillon, l'application du salaire minimum français et du temps de repos légal à l'ensemble de l'équipage.
Le 1er juillet 2025, le bilan d'un an de contrôles a été présenté aux organisations syndicales et professionnelles maritimes, dont des représentants sont présents dans les tribunes du public, par le Conseil supérieur de la marine marchande : il faisait état de trois contrôles seulement conduits à bord des navires par l'inspection du travail durant la navigation. Trois contrôles en un an, c'est peu. En effet, un contrôle est dissuasif quand il est systématique et, pour qu'il le soit, il faut que des équipes lui soient dédiées. Est-il possible, madame la ministre, de créer au sein de la direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités des Hauts-de-France une brigade d'inspecteurs du travail dédiée spécifiquement à la lutte contre le dumping social sur la liaison transmanche ?
Il y va de la défense des salariés d'Eurotunnel et des compagnies maritimes françaises ainsi que du modèle social français. Nous défendons le passage d'une logique de dumping social à un objectif de mieux-disant social, au bénéfice des gens d'équipage et des salariés français.