Corinne VignonLa consommation détournée de protoxyde d'azote par des mineurs et de jeunes adultes explose dans l'ensemble du territoire, en particulier dans ma circonscription, à Toulouse. Ce phénomène n'est plus marginal ; il est visible sur la voie publique lors de rassemblements festifs. Il est désormais associé à des accidents de la route, parfois mortels.
Les risques sanitaires liés à cette consommation sont pourtant parfaitement établis – perte de connaissance, hypoxie, atteintes neurologiques durables, dépendance physiologique et psychologique – et peuvent conduire à la mort. À cela s'ajoute le risque d'incendie lié à l'abandon de cartouches sous pression.
Face à ce fléau, nos forces de l'ordre sont juridiquement démunies. Le droit en vigueur interdit la vente de protoxyde d'azote aux mineurs, mais sa détention et sa consommation ne sont pas clairement sanctionnables puisque ce produit n'est pas classé comme stupéfiant. Sur le terrain, la seule réponse repose sur des arrêtés municipaux hétérogènes et peu dissuasifs, qui ne permettent ni saisie systématique ni répression efficace. Les forces de l'ordre doivent parfois invoquer l'état de nécessité pour agir, ce qui n'est ni satisfaisant ni sécurisant sur le plan juridique. Cette situation crée une incohérence grave : un produit dangereux aux effets psychoactifs avérés circule librement, tandis que ceux qui sont chargés de protéger nos concitoyens manquent d'outils clairs et opérationnels.
Les gendarmes, que je rencontre régulièrement, formulent des propositions simples et concrètes : premièrement, permettre la suspension immédiate du permis de conduire et l'immobilisation du véhicule pour trente jours, y compris lorsqu'il s'agit d'un véhicule de location, dès lors que la présence de cannabis ou de protoxyde d'azote est constatée ; deuxièmement, autoriser la saisie judiciaire systématique de tout véhicule lorsque son conducteur est sous l'emprise de ces substances.
Madame la ministre, combien d'accidents faudra-t-il encore pour que vous agissiez ? Quand le gouvernement entend-il légiférer afin de doter les forces de l'ordre de moyens efficaces, harmonisés et dissuasifs et de protéger ainsi nos jeunes, nos territoires et la sécurité publique ?