Élisa MartinDans mon département, l'hébergement d'urgence est saturé, avec un taux d'admission de 31 %. Un adulte seul à la rue n'a quasiment aucune chance d'obtenir une place d'hébergement en appelant le 115. Il en va de même, chaque soir, pour de nombreuses familles.
Le logement social est sous pression. Dans l'Isère, département de plus de 1 million d'habitants, environ 1 000 logements sociaux sont construits par an, en moyenne, depuis trois ans, alors que le besoin est de 2 000 logements. Entre 17 000 et 18 000 demandeurs sont en attente dans la seule métropole de Grenoble.
Cette crise du logement s'accentue. La métropole de Grenoble ne peut satisfaire que 22 % des demandes, alors que l'essentiel des demandeurs se situent sous le plafond des ressources.
Le nombre de personnes domiciliées au centre communal d'action sociale et vivant chez un tiers, en squat, en bidonville, à la rue ou en abri de fortune, n'a cessé d'augmenter. Cela concerne près de 4 800 personnes, dont 950 mineurs. En tout, nous comptons 1 200 personnes à la rue, dont 240 enfants.
Le 18 novembre, plusieurs familles résidant au 50 place des Géants, dans le quartier de la Villeneuve, se sont retrouvées à la rue en plein hiver. Elles sont devenues les victimes du racket et de la violence des réseaux mafieux. En effet, face au désengagement de l'État, ces réseaux profitent de la misère des personnes les plus vulnérables et les plus précaires.
Grâce à la mobilisation de la métropole et des associations, 130 personnes, dont 70 familles et 27 enfants, ont trouvé refuge dans les locaux de la métropole.
Il n'est pas acceptable que des personnes et des familles dorment à la rue. Il faut augmenter la dotation des structures d'hébergement et créer les conditions pour qu'il soit possible de réquisitionner les logements vacants.
Les bailleurs sociaux ne doivent plus être la variable d'ajustement. Nous notons une baisse budgétaire de plus de 800 millions d'euros, à laquelle s'ajoutent une moindre exonération de taxe foncière pour ces derniers et le refus de leur appliquer une TVA minorée, ce qui serait pourtant logique au vu de leur mission d'intérêt général.
Les premières victimes de ces politiques sont évidemment les plus précaires, pour qui se loger dans notre pays, encore riche malgré la politique catastrophique du gouvernement, est devenu un véritable parcours du combattant.
Cette carence permet au secteur privé de mettre la main sur le marché juteux du logement et fait aussi prospérer les réseaux mafieux.
Le gouvernement ne peut rester sourd à cette situation. Il ne peut plus se dérober à ses obligations légales. Que comptez-vous faire pour qu'il n'y ait plus d'enfants et de familles qui dorment à la rue dans notre pays ?