Philippe Tabarot, ministre des transports. Votre question porte sur deux aspects : la qualité de service et la tarification. Comme vous le savez – vous l'avez dit –, l'organisation des transports publics de personnes relève en Île-de-France de l'autorité organisatrice Île-de-France Mobilités. La ligne D est soumise à d'importantes contraintes d'exploitation et fonctionne aux limites de ses capacités, comme en attestent les incidents récurrents qui l'affectent.
Pour y remédier, Île-de-France Mobilités pilote un vaste programme de modernisation et d'investissements visant à améliorer la qualité de service à moyen terme. L'État, attaché à la qualité des transports du quotidien, accompagne ce plan dans le cadre des contrats de plan État-région. À titre personnel, j'ai fait de la qualité de service une priorité, et je connais les difficultés de cette ligne.
Après avoir investi 192 millions d'euros pour le RER D entre 2015 et 2022, l'État engage plus de 326 millions dans la nouvelle contractualisation 2023-2027. Il cofinance notamment les adaptations d'infrastructures nécessaires à l'exploitation des rames RER de nouvelle génération – dont le déploiement se poursuit, avec trente rames en circulation dès ce mois-ci – ainsi que le nouveau système de signalisation NExTEO, le nouveau système d'exploitation des trains est-ouest, et la poursuite des études du projet de modernisation ferroviaire de Bercy.
Nous mettons donc tout en œuvre pour un futur meilleur et améliorer la qualité de service, aujourd'hui dégradée.
Concernant la tarification, les prix ont été gelés entre 2017 et 2023. Île-de-France Mobilités ajuste désormais ses tarifs annuellement pour couvrir au minimum l'inflation. Des tarifs adaptés existent pour les usagers aux ressources limitées, les personnes à mobilité réduite et les étudiants.
Je le répète, le gouvernement est pleinement investi dans les mobilités du quotidien, et, même si les hausses peuvent paraître importantes, elles restent très inférieures à celles des autres capitales européennes : l'équivalent du passe Navigo allemand avoisine 110 euros, et celui de Londres est trois à quatre fois plus cher que le passe parisien. La part demandée à l'usager français demeure donc moindre que dans l'immense majorité des autres pays européens. Cela n'empêche pas d'être vigilant, notamment sur la qualité de service.