Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée auprès du ministre de l'intérieur. Je vous remercie de relayer la question de Mme Valérie Létard et, à travers elle, les inquiétudes des professionnels de santé engagés dans le secours d'urgence. Vous le soulignez, cette question est essentielle pour nos concitoyens. Le secours d'urgence lie les services d'incendie et de secours et ceux chargés de la santé. C'est donc tout naturellement que ce sujet s'est trouvé au cœur du Beauvau de la sécurité civile.
Une vaste concertation de plus de douze mois a été menée dans l'ensemble du territoire, au plus près des acteurs de la sécurité civile, en lien avec leurs partenaires du monde médical. À ce titre, je vous confirme que des représentants du ministère de la santé, du Samu, des agences régionales de santé, mais aussi des associations professionnelles, ont été associés à la concertation.
Conduite sous l'autorité du ministre de l'intérieur, elle a fait émerger un diagnostic largement partagé, à savoir que l'organisation actuelle du secours d'urgence n'est plus soutenable. Le vieillissement de la population, les tensions de la démographie médicale et la hausse continue des sollicitations pèsent lourdement sur les services d'incendie et de secours. Près de 85 % de leur activité relève désormais du seul secours d'urgence, avec des conséquences directes sur la disponibilité des moyens et la qualité de la prise en charge des victimes.
Face à cette situation, il n'a bien sûr jamais été question de remettre en cause la régulation médicale, qui demeure une compétence exclusive des médecins. Il s'agit en revanche de mieux organiser collectivement la réponse territoriale qui est apportée, dans un esprit de complémentarité. C'est le sens de la proposition du ministre de l'intérieur qui vise à mettre en place un pilotage territorial unifié sous l'autorité du préfet. Il ne s'agit pas de se substituer aux autorités sanitaires mais de renforcer la coordination et l'efficience des moyens, donc l'égalité de nos concitoyens devant l'accès aux soins.
Les travaux se poursuivent actuellement au niveau technique, dans un cadre interministériel qui associe pleinement le ministère de la santé. Il importera, comme le suggère Mme Létard, de construire ensemble, dans la concertation, une réforme équilibrée, au service de l'efficacité des secours, donc des victimes elles-mêmes.