Édouard Geffray, ministre de l'éducation nationale. Vous avez entièrement raison. La prévention du décrochage scolaire revêt une importance capitale dans l'absolu, singulièrement en Guadeloupe où les indicateurs – vous avez cité ceux de 2019 – ont fait apparaître il y a quelques années une situation très préoccupante : en 2022, plus de 14 % des élèves de plus de 15 ans étaient encore concernés ; au lycée, le taux d'élèves décrocheurs atteignait 13 %, contre moins de 8 % au niveau national.
Vous le savez, je tâche d'être aussi lucide sur ce qui ne va pas que sur ce qui s'améliore. Face à la situation que je viens de décrire, l'académie de Guadeloupe a adopté une stratégie volontariste en 2023 et 2024, notamment avec les entreprises, en vue de faciliter l'insertion professionnelle des jeunes et de renforcer leur connaissance concrète des formations et des débouchés grâce à un circuit de découverte des métiers. L'objectif était de dynamiser le rattrapage de ceux qui se trouvaient en très grande difficulté. Cette action s'est traduite par la création de référents au sein des établissements. Elle a permis une amélioration objective de la situation.
Le diagnostic établi par l'académie en 2024 reposait sur l'ensemble des données concernant les lycées professionnels et les lycées généraux et technologiques. Il ciblait ceux qui présentaient les taux de décrochage les plus élevés afin d'en identifier les causes. En leur sein, des référents ont été systématiquement désignés pour accompagner les élèves en difficulté. Ces efforts portent leurs fruits : depuis l'année dernière, le taux de décrochage au sein de la voie professionnelle est désormais inférieur au niveau national – 13,5 % contre 16,2 % ; c'est aussi le cas pour le taux de jeunes ne satisfaisant pas l'obligation de formation, qui poursuit depuis trois ans une trajectoire descendante – de 4,2 % en 2022 à 3,6 % en 2023, contre 4,1 % au niveau national. Sous l'effet du plan auquel nous continuons à travailler, la situation s'améliore très nettement. Il faut poursuivre notre effort, surtout sur l'amont. Après avoir beaucoup travaillé sur le décrochage lui-même, nos efforts porteront désormais sur la lecture – disons, puisque c'est le sens de votre question, sur l'illettrisme au sens large, qu'ont contribué à révéler les JDC.