Jean-Pierre Farandou, ministre du travail et des solidarités. Les situations de polyhandicap ont déjà été intégrées dans la stratégie nationale quinquennale 2017-2021 de transformation de l'offre médico-sociale. Des avancées notables ont ainsi été permises, notamment la diffusion, en septembre 2020, d'une circulaire relative à la scolarisation des élèves polyhandicapés, la publication, par la Haute Autorité de santé de recommandations et de bonnes pratiques, ainsi qu'un travail accru de sensibilisation à la vie affective et sexuelle des personnes concernées.
Comme vous le soulignez, le déficit d'attractivité du champ médico-social est préoccupant. Il explique en grande partie les difficultés actuelles à maintenir les places et à garantir un accompagnement de qualité, en particulier dans les structures accueillant des personnes polyhandicapées, et le recours important à l'intérim, que vous avez souligné.
Face aux besoins importants de recrutements, le gouvernement a lancé une stratégie globale, visant à renforcer durablement l'attractivité du secteur. Elle s'appuie d'abord sur des mesures salariales structurantes, avec l'avenant no 43 à la convention collective de la branche de l'aide, de l'accompagnement, des soins et des services à domicile, et l'extension de l'application des mesures du Ségur de la santé aux secteurs social et médico-social.
Pour faciliter les recrutements, des plateformes des métiers de l'autonomie ont été expérimentées, en partenariat avec la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie, dans dix-neuf départements. Elles proposent des actions adaptées aux territoires, en matière d'information, d'orientation, de formation et d'accompagnement vers ces métiers.
Enfin, les métiers du champ médico-social font l'objet d'une valorisation nationale, grâce au programme Prendre soin, conduit avec France Travail depuis la fin de l'année 2024.
Les solutions comprennent également la formation d'un plus grand nombre de professionnels. Depuis 2020, 13 500 places supplémentaires ont été financées dans les cursus menant à l'obtention des diplômes d'aide-soignant, d'infirmier et d'accompagnant éducatif et social, grâce aux contrats passés entre l'État et les régions.
Par ailleurs, l'amélioration des conditions de travail constitue un axe majeur, financé à hauteur de 55 millions d'euros délégués aux ARS en 2025.
En l'absence de titulaires, on est obligé de recourir à l'intérim – c'est un enjeu de plus en plus prégnant pour le secteur. Deux décrets d'application de la loi Valletoux de 2024 imposent une durée minimale de deux ans d'exercice hors intérim aux professionnels en début de carrière dans les établissements et services sociaux et médico-sociaux, sous peine de sanctions pour les structures concernées.
Vous le constatez, nous sommes pleinement mobilisés pour renforcer l'attractivité des métiers concernés et pourvoir les postes vacants du secteur.