Jean-Pierre Farandou, ministre du travail et des solidarités. La ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées a rappelé lors de ses auditions dans le cadre de la semaine de contrôle à quel point elle partageait les constats de la commission d'enquête. Le gouvernement a fait de la refondation de la protection de l'enfance une priorité, avec une attention forte portée à la santé et aux parcours des enfants confiés à l'ASE.
Les travaux engagés traduisent la volonté du gouvernement de dépasser les constats pour construire des réponses durables, équitables et opérationnelles. Cette ambition se concrétise par un réarmement de l'État, sans nouvelle centralisation. La santé des enfants protégés constitue un axe central de cette refondation et le renforcement du pilotage national s'appuiera notamment sur un investissement dans la connaissance des situations.
La mise en place du système d'information sur la protection de l'enfance permettra de disposer de données fiables et comparables sur les parcours, afin de mieux prévenir les ruptures, de corriger les situations de carence et de réduire les inégalités territoriales.
Le parcours de soins coordonné renforcé « Enfance protégée », sera déployé au cours de 2026. Inscrit dans l'objectif national de dépenses d'assurance maladie, il garantit la prise en charge de tous les enfants et jeunes protégés, de 0 à 21 ans. Avec un bilan à l'entrée, il assure leur prise en soins somatiques et psychiques, une coordination renforcée entre acteurs sanitaires et sociaux, une prévention précoce des troubles du développement et des traumatismes complexes. Ce dispositif, qui s'appuie sur les enseignements des dispositifs Pegase et Santé protégée, vise à sécuriser leur financement et leur gouvernance dans la période transitoire. En outre, le gouvernement soutient l'initiative de la professeure Céline Greco, dont le premier centre d'appui à l'enfance Asterya a ouvert en décembre.
Répondre aux besoins fondamentaux de l'enfant, comme vous y appelez, est le socle du projet de loi dédié à la protection de l'enfance que la ministre défendra dans les prochains mois avec le garde des sceaux. Ce texte replace le parcours de vie de l'enfant au cœur du dispositif, pour mieux qualifier les mesures de protection et limiter les placements institutionnels. Son apport sera majeur et répondra largement à vos préoccupations.
L'engagement de l'État se traduit également dans le budget 2026, avec une hausse de 55 millions d'euros des fonds dédiés à la protection de l'enfance, en soutien de la contractualisation avec les départements.