Jean-Claude RauxElle porte sur les projets miniers dits Taranis et Bélénos, auxquels j'ajoute par solidarité Epona, pour lesquels un arrêté ministériel du 3 décembre 2025 a accordé trois permis exclusifs de recherches minières à la société Breizh Ressources. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le chemin pour en arriver là a été parcouru en catimini. Seules quelques discrètes réunions ont eu lieu avec les porteurs de projet, qui ont soigneusement éludé les vrais enjeux, les impacts et les questions qui auraient dû être abordés. Les permis Taranis et Bélénos, qui portent sur le territoire de dix communes de ma circonscription, ont été délivrés sans information préalable des élus locaux, puisque ces derniers n'ont été conviés à une réunion en préfecture que plus d'une semaine après la publication de l'arrêté. Pour la population concernée, des tels projets méritaient mieux et beaucoup plus que des démarches de consultation dématérialisée, qui passent trop souvent inaperçues. Cette méthode a été perçue comme une forme de mépris des principes de transparence, de participation du public et de démocratie locale, pourtant consacrés par le droit de l'environnement.
Ces projets soulèvent de lourdes inquiétudes environnementales et sanitaires. Le périmètre des permis recouvre des zones écologiquement sensibles, ainsi qu'une aire d'alimentation de captage d'eau potable. L'autorité environnementale a même identifié des risques majeurs pour la qualité de la ressource en eau et pour les équilibres hydrologiques. Des expertises indépendantes ont alerté sur des risques graves de radioactivité liés à la nature du sous-sol et à l'omniprésence du radon, totalement oubliée dans l'instruction du dossier. Ils posent également la question du choix de l'opérateur retenu. Les permis ont été accordés à une start-up, filiale d'une société canadienne, Aurania Resources, dont le modèle économique repose largement sur la valorisation financière et la revente de permis miniers. Lors des réunions dites d'information, le porteur de projet a répété aux élus qu'il ne trouverait sans doute rien, ou bien dans très longtemps, et que les mines actuelles étaient propres, pendant que M. Barron, président d'Aurania Resources, se vantait d'avoir identifié un nouvel eldorado et faisait sa publicité avec la photo d'une pépite d'or de plus de 3 kilos trouvée dans le Morbihan il y a 150 ans.
Les Perm Bélénos et Taranis s'inscrivent dans un mouvement plus large de relance de l'exploration minière au nom de la souveraineté nationale et de la transition écologique. Ce mouvement ne doit pas aboutir à la multiplication des projets miniers, sans hiérarchisation des besoins, planification démocratique, ni interrogation sur la destination ou l'utilité réelles des ressources recherchées. Il ne peut nous être imposé sans une stratégie nationale fondée d'abord sur la sobriété, le recyclage, la réduction des usages non essentiels et la sécurisation des ressources existantes. Il ne peut s'imaginer sans donner la priorité à la protection de l'eau, à la biodiversité et à la santé publique.
Monsieur le ministre, dans ce contexte, comment justifiez-vous l'octroi de permis de recherches minières pour les projets Bélénos et Taranis sans information préalable des élus et des habitants des territoires concernés, ni réelle concertation avec eux ? Comment pouvez-vous les rassurer, car ils et elles en ont bien besoin ?