Maxime LaisneyMa question porte sur l'avenir du centre scientifique et technique du bâtiment, le CSTB, dont on peut craindre que vous souhaitiez la disparition, du moins dans sa forme actuelle. Le CSTB est un établissement public à caractère industriel et commercial, qui exerce des missions de service public réparties dans cinq activités du secteur de la construction des bâtiments, des quartiers et des villes : la recherche, l'expertise, l'évaluation, la certification et la diffusion des connaissances. Cet établissement s'occupe donc d'enjeux majeurs actuels et futurs : la réglementation, la certification des matériaux et des procédures, pour que les artisans puissent établir des garanties décennales, par exemple, et la recherche fondamentale et technique nécessaire à l'innovation dans le secteur, notamment pour l'atténuation du changement climatique et l'adaptation à ce changement.
Le CSTB est en mesure d'assurer toutes ces missions, de manière indépendante, non seulement grâce à des équipements uniques, mais surtout grâce à plus de 1 000 salariés, répartis sur quatre sites – Nantes, Grenoble, Sophia Antipolis et Champs-sur-Marne, qui se trouve dans ma circonscription. Je pense aux plus de 700 techniciens, ingénieurs et chercheurs. Or les représentants syndicaux de ces travailleuses et travailleurs – dont je salue la présence dans le public ce matin – m'ont fait part de leurs craintes quant aux intentions du gouvernement auquel vous appartenez. Partageant leurs inquiétudes, je voudrais me faire ici leur porte-voix, tant les indices commencent à s'accumuler.
D'abord, alors que le second mandat du président du CSTB est arrivé à son terme et que le gouvernement aurait dû nommer depuis quatre mois une personne pour lui succéder, vous avez préféré lui proposer de poursuivre sa présidence, par intérim, jusqu'à fin février.
Ensuite, dans le cadre du projet de loi de finances pour 2026, vous avez modifié le programme à partir duquel est versée la dotation de l'État au CSTB, sans expliquer vos motivations.
Enfin, la presse s'est fait l'écho de velléités du gouvernement de fusionner le CSTB avec d'autres organismes qui n'ont pourtant ni le même statut ni les mêmes missions – par exemple, avec le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement.
Le gouvernement a-t-il prévu de dissoudre le Centre scientifique et technique du bâtiment dans une autre entité ou bien de le privatiser complètement ? Pour ma part, comme l'intersyndicale inter-établissements qui s'est formée pour défendre son outil de travail, je reste convaincu que, bien évidemment, aucune de ces deux hypothèses ne permettrait au CSTB de continuer à assurer ses missions de service public, indispensables au secteur d'activité dont le ministre du logement a la charge.
En effet, le CSTB conduit une recherche appliquée et collaborative nourrie par la recherche académique. Or il n'y a pas de solution alternative : le secteur privé ne le fait pas. D'autre part, la dotation de l'État ne représente qu'un dixième du budget global du CSTB ; c'est peu mais, en même temps, c'est indispensable pour permettre de nouveaux investissements. Enfin, dissoudre le CSTB reviendrait à tourner le dos à l'avenir. Nous l'avons constaté dans le domaine de la rénovation : la politique de stop and go affectant MaPrimeRénov' est une catastrophe.