Laurence Robert-DehaultLa situation sanitaire dans mon département, la Haute-Marne, n'est plus seulement préoccupante ; elle est devenue structurellement défaillante. La Haute-Marne est aujourd'hui un désert médical avéré : on y compte 12 médecins généralistes pour 10 000 habitants, contre 34 en moyenne à l'échelle nationale. L'accès aux soins de premier recours comme aux spécialités est devenu, pour les Haut-Marnais, un parcours d'obstacles permanent.
À Saint-Dizier, principale ville de ma circonscription, le centre hospitalier est sous tension continue. En 2025, le service d'urgences a fermé à plusieurs reprises – en août, en septembre et à Noël – faute de médecins urgentistes. À chaque fermeture, les habitants doivent se rendre à Vitry-le-François, à Bar-le-Duc ou à Chaumont, soit parcourir 40 ou 60 kilomètres. Cette situation est factuellement incompatible avec une prise en charge rapide et sécurisée des urgences vitales.
Cette fragilité a été aggravée par la gestion brutale et technocratique de l'Agence régionale de santé Grand Est. En 2024, l'ARS a décidé de supprimer l'activité chirurgicale de la clinique François-Ier pour la transférer au centre hospitalier, dans le cadre d'un groupement de coopération sanitaire. Ce transfert aurait pu renforcer l'offre de soins, mais il s'est transformé en un chaos administratif et humain. Près de trente membres du personnel soignant ont été maintenus pendant des mois dans une incertitude totale, traités comme de simples variables comptables. Il aura fallu plus d'un an de bataille juridique et un jugement, rendu en décembre dernier, pour que leurs contrats soient enfin repris.
Il faut désormais le dire clairement : le modèle actuel des ARS est un échec et contribue à l'aggravation de la désertification médicale. La santé ne peut pas être pilotée par des agences régionales opaques, guidées par la comptabilité plutôt que par les besoins des territoires. Le Rassemblement national défend une réforme profonde de cette organisation : il se prononce en faveur d'un pilotage départemental et préfectoral, ancré dans les réalités locales.
Quelles mesures le gouvernement va-t-il prendre pour stabiliser l'offre de soins à Saint-Dizier et pour mettre fin aux fermetures chroniques des services d'urgences ? Comment compte-t-il réparer le climat social profondément dégradé par ce transfert d'activité chaotique, imposé et orchestré par l'ARS ?