Hélène LaporteIl y a bientôt un an, j'avais interpellé le ministre de la santé, prédécesseur de Mme Rist, sur la situation financière du centre hospitalier intercommunal de Marmande-Tonneins – c'est d'ailleurs vous, madame la ministre déléguée chargée de l'autonomie et des personnes handicapées, qui m'aviez répondu.
J'avais rappelé alors qu'il s'agissait du seul établissement de santé pour tout le nord-ouest du Lot-et-Garonne, autrement dit d'un hôpital absolument vital pour l'accès aux soins de près de 100 000 habitants. Pour mémoire, il se situe à une heure de l'hôpital d'Agen-Nérac comme de l'hôpital de Villeneuve-sur-Lot, et propose une offre de soins assez similaire à celle de ces deux établissements. J'avais demandé des garanties fermes non seulement sur le maintien de la structure, mais aussi sur l'offre de soins des services existants et sur la mission de formation assurée par l'établissement.
Dans les mois qui ont suivi, malgré une aide financière de l'État en augmentation constante – qui a atteint 8 millions d'euros en 2025 –, la situation budgétaire de l'hôpital a continué de se détériorer. Cette évolution préoccupante a conduit la direction intérimaire à solliciter la mise sous administration provisoire par l'Agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine. Cette mesure, effective depuis hier pour une période d'un an, doit aboutir à la présentation d'un plan de redressement, attendu au mois d'avril. La question n'est plus de savoir si des coupes seront réalisées, mais quelles seront ces coupes.
Le constat financier est aujourd'hui clair, objectif et partagé par l'ensemble des acteurs : avec un taux de résultat hors aides en baisse de 17 % et un taux de marge brute hors aides en diminution de 9 %, l'établissement était engagé dans une trajectoire qui le menait inévitablement à la catastrophe. Ces chiffres ne sont pas discutables, mais ils appellent une réponse à la hauteur des enjeux.
Derrière ces données comptables, il y a une réalité humaine que vous ne pouvez pas ignorer. Il y a des soignants profondément investis ; des personnels hospitaliers, déjà éprouvés par des années de tension. Il y a aussi et surtout des patients, pour lesquels cet hôpital représente bien souvent la seule solution de proximité. L'accès aux soins, la sécurité des prises en charge et la continuité du service public hospitalier ne doivent jamais être sacrifiés au nom d'objectifs purement financiers. C'est une exigence fondamentale.
Les personnels, les élus locaux et l'ensemble de la population du bassin de vie attendent des réponses claires, lisibles et durables, tant de la part de l'ARS que de l'État. Ils ont besoin d'engagements précis sur l'avenir de leur hôpital, sur ses moyens humains, sur ses capacités d'accueil et sur la pérennité de ses missions.
Hier, le directeur général de l'ARS, interrogé sur la possibilité d'une future direction commune avec le centre hospitalier d'Agen-Nérac, a implicitement refusé d'écarter l'hypothèse. Tout le personnel du Chic est conscient de ce qu'impliquerait un tel regroupement : il ferait passer la structure marmandaise au second rang, ouvrant la porte à des baisses de moyens.
Madame la ministre, pouvez-vous vous engager devant la représentation nationale et devant les Lot-et-Garonnais à garantir, pour les années à venir, la stabilité du nombre de médecins et de soignants, le maintien du nombre de lits ainsi que la préservation des capacités de formation du centre hospitalier intercommunal de Marmande-Tonneins ?