Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées. Vous avez raison : la fermeture de nombreux laboratoires fragilise des milliers d'emplois qualifiés, un savoir-faire reconnu et un tissu d'entreprises de proximité indispensables à notre souveraineté sanitaire. Dans le même temps, l'entrée de prothèses importées sur le territoire soulève des enjeux d'équité fiscale et sanitaire. Le gouvernement veille à l'application des règles fiscales, notamment en matière de TVA et au respect des exigences sanitaires, quelle que soit l'origine des dispositifs. La sécurité sanitaire des patients est une priorité. Certaines prothèses peuvent contenir du cobalt, substance classée CMR, cancérogène, mutagène et reprotoxique, de catégorie 1B. Cette classification repose sur des données expérimentales qui ne permettent pas, à ce stade, d'établir un risque chez l'humain ; elle justifie néanmoins une vigilance renforcée.
C'est dans ce cadre que l'ANSM, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, a engagé, fin 2024, un contrôle de marché. Celui-ci montre que la présence de cobalt est généralement mentionnée sur l'étiquetage, mais que l'information concernant les substances et leur justification reste hétérogène. L'information des patients constitue donc un levier essentiel de transparence. Le devis préalable à la pose d'une prothèse doit mentionner l'origine du dispositif, les matériaux utilisés et les risques associés. Une carte d'implant et une déclaration de conformité doivent être remises, conformément au règlement européen de 2017 relatif aux dispositifs médicaux.
D'autre part, la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes poursuit et renforce ses contrôles, y compris sur les prothèses importées. L'ensemble des services de l'État sont donc pleinement mobilisés.