Sylvie BonnetJe souhaite appeler votre attention sur les vives inquiétudes des personnels et des directeurs de microcrèches, en particulier dans le département de la Loire.
En décembre dernier, un décret et un arrêté ont officialisé la création d'une nouvelle certification permettant aux intervenants éducatifs petite enfance d'exercer dans les établissements d'accueil de jeunes enfants. Le décret du 1er avril 2025 a rendu obligatoire la présence d'un professionnel titulaire d'un diplôme de catégorie 1, ce qui va obliger les titulaires d'un CAP – certificat d'aptitude professionnelle – accompagnant éducatif petite enfance ou d'un bac professionnel accompagnement, soins et services à la personne, qui sont des diplômes de catégorie 2, à passer un nouveau diplôme avant septembre 2026. Étrangement, la nouvelle certification prévue dans le décret de décembre est, non pas un diplôme d'État, mais un « certificat de compétences professionnelles » obtenu au terme d'une formation théorique et pratique de 1 400 heures, puis d'un examen. Elle est également accessible via un parcours de validation des acquis de l'expérience, pour les titulaires d'un CAP notamment.
Les professionnels de la petite enfance estiment que la concertation a été bâclée, que le référentiel n'est pas cohérent, que la formation proposée est largement insuffisante et que les délais ne sont pas tenables. En effet, l'échéance de septembre 2026 ne semble pas réaliste. En outre, à ce stade, aucune mesure d'accompagnement économique n'a été prévue pour amortir ces contraintes, ce qui met en péril le modèle financier de nombreux établissements. J'ajoute que les structures croulent sous les contraintes et les normes, parfois absurdes, comme la nouvelle règle des doubles hublots sur les portes…
Madame la ministre de la santé, je souhaite savoir si vous allez décaler l'échéance de septembre 2026, par exemple à 2029 ou à 2030, pour donner le temps aux personnes détentrices du CAP accompagnant éducatif petite enfance de se former correctement, sans précipitation et sans désorganiser le fonctionnement des microcrèches. Il est indispensable de rassurer les professionnels et les familles. Vous le savez, la garde des jeunes enfants est fondamentale pour les jeunes parents. C'est aussi une question essentielle pour l'attractivité des territoires ruraux. La stabilité et la confiance doivent être garanties !