Christine ArrighiMa question porte sur les difficultés persistantes de remboursement des soins d'orthophonie dispensés en libéral aux enfants suivis en centre médico-psychologique, à la suite de l'application plus stricte par certaines caisses d'assurance maladie de la règle de la non-double prise en charge.
Depuis la fin de l'année 2024, plusieurs caisses d'assurance maladie refusent ou contestent le remboursement de séances d'orthophonie réalisées par des professionnels libéraux lorsque l'enfant est suivi en centre médico-psychologique et que les soins sont regardés comme relevant du même motif de prise en charge, sauf si une convention formelle existe entre le centre médico-psychologique et l'orthophoniste concerné.
Cette situation concerne particulièrement les enfants présentant des troubles du langage, du neurodéveloppement, du spectre de l'autisme ou du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité. Cette application stricte du cadre juridique, fondée notamment sur l'article L. 162-22-19 du code de la sécurité sociale, intervient dans un contexte de pénurie structurelle d'orthophonistes au sein de ces centres, dont une grande majorité ne dispose pas des moyens humains nécessaires pour assurer les soins. Elle fait ainsi peser un risque de rupture des parcours de soins, une charge financière importante pour les familles et une insécurité juridique pour les orthophonistes libéraux exposés à des procédures de récupération d'indus.
Dans ce contexte, comment le gouvernement entend-il assurer l'effectivité du remboursement des soins d'orthophonie libéraux pour tous les enfants suivis en centre médico-psychologique lorsque ces soins ne peuvent être dispensés par l'établissement, car ce n'est pas de la responsabilité des parents ? Quand la mesure réglementaire annoncée dans l'exposé des motifs de l'amendement n° 1312 du gouvernement au projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 – amendement adopté par le Sénat –, visant à créer un régime dérogatoire national permettant, sous condition, la facturation en ville d'actes d'auxiliaires médicaux prescrits par les centres médico-psychologiques, y compris lorsque les motifs de prise en charge sont identiques, sera-t-elle appliquée ? Le gouvernement donnera-t-il des instructions transitoires aux caisses d'assurance maladie afin de garantir une application homogène et sécurisée du droit dans l'ensemble du territoire, dans l'intérêt des enfants et de leur famille ?