Jean-Luc FugitMonsieur le ministre des transports, en 2021, j'appelais l'attention de votre prédécesseur sur le projet d'élargissement de l'autoroute A46 au sud-est de l'agglomération lyonnaise. Ce projet, présenté comme une solution pour absorber le trafic de transit détourné par le déclassement de l'autoroute A6/A7, soulevait de fortes interrogations et oppositions. Cet aménagement de voirie avait en effet été conçu dans un objectif de desserte locale, avec de nombreuses bretelles de connexion, et non comme une voie de transit, présentant des risques de saturation accrue, de pollution atmosphérique et de nuisances sonores.
En octobre 2022, donnant suite à ma proposition, le ministre Clément Beaune avait lancé une concertation élargie associant élus locaux, autorités organisatrices de la mobilité et associations citoyennes.
Un an plus tard, une décision courageuse était prise par le gouvernement : suspendre le projet d'élargissement et travailler à des solutions alternatives, sur la base de propositions coconstruites entre les collectivités, les associations d'habitants et l'État. Pilotée par la préfecture de région, cette démarche a permis d'aboutir à un comité de pilotage de restitution.
Fin 2023, il était prévu que le ministre vienne officialiser la démarche envisagée – l'abandon du projet de troisième voie sur l'autoroute A46 Sud, rejeté à une large majorité par les acteurs du territoire – et présenter la feuille de route des solutions alternatives issues de la concertation.
Toutefois, l'instabilité gouvernementale depuis 2024 n'a pas permis à vos prédécesseurs de venir faire ces annonces. Voilà deux ans que le dossier est suspendu. Les acteurs locaux, élus et citoyens, attendent avec impatience des clarifications sur les suites à donner à ce travail collectif.
Il est urgent que des orientations soient clairement exprimées, afin que nous puissions enfin avancer, avec pragmatisme, sur le sujet prégnant des mobilités dans la deuxième agglomération du pays.
Quelles perspectives le ministère des transports entend-il donner à ce dossier ? De façon plus large, quelles sont les autres solutions envisagées pour répondre aux besoins de transport sur l'axe Lyon-Givors-Saint-Étienne, en matière aussi bien ferroviaire que routière, après l'abandon en 2020 du projet d'autoroute A45 ?