Max MathiasinAujourd'hui, les fonctionnaires et agents contractuels des territoires ultramarins manifestent. Ils s'insurgent contre les dispositions du décret no 2024-641 du 27 juin 2024, qui réduit leurs indemnités en cas d'arrêt maladie.
Ce décret contredit les principes constitutionnels et républicains d'égalité et de non-discrimination : il améliore la situation des agents de l'Hexagone, mais pénalise fortement celle des agents ultramarins. Cette pénalisation résulte de la requalification de la prime de vie chère en indemnité, induisant une diminution de la prime, voire sa suppression en cas de congé de longue maladie.
En outre, le caractère rétroactif du décret oblige certains agents à rembourser des milliers d'euros, les plongeant dans une situation financière et morale dramatique alors qu'ils sont déjà particulièrement vulnérables.
La Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité a rappelé que la majoration de traitement outre-mer compensait la cherté de la vie et dépendait du lieu d'affectation, non de l'exercice effectif des fonctions. Le coût de la vie reste le même, malade ou non, en service ou en congé.
La semaine dernière, lors d'une réunion avec les parlementaires ultramarins – tous vent debout contre ce décret –, le cabinet du ministre de la fonction publique a précisé que, compte tenu de la jurisprudence, le Conseil d'État pourrait émettre un avis défavorable sur la modification du décret. Toutefois, l'avis du Conseil d'État ne lie pas le gouvernement, et qui aurait intérêt à agir contre une modification destinée à rétablir des principes constitutionnels d'égalité et de non-discrimination ?
En outre, le Conseil d'État a validé le décret du 2 juillet 2020 sur les congés bonifiés, postérieur à sa jurisprudence et qui maintient la prime de vie chère pour un agent en congé dans son territoire d'origine, alors qu'il n'y exerce pas ses fonctions.
Quand allez-vous modifier le décret du 27 juin 2024, exclure la prime de vie chère de son champ d'application et mettre fin à l'injustice subie par les agents en arrêt maladie ?