Sophie ErranteSur le terrain, nos concitoyens demandent, non pas un dispositif de plus, mais une chose simple : se soigner – sans faire des kilomètres, sans appeler dix cabinets, sans attendre des semaines. Vous avez annoncé la création du réseau France Santé, inspiré de France Services, avec une promesse claire : une solution de santé à moins de trente minutes et, si l'état de santé le nécessite, un rendez-vous sous quarante-huit heures. Je salue l'intention, mais chacun sait que, ces dernières années, entre les annonces et la réalité, il y a parfois eu un écart.
Madame la ministre, nous avons déjà beaucoup légiféré. L'enjeu est, non pas d'ajouter une norme, mais de rendre l'accès aux soins concret et effectif partout sur le territoire. Vous dites que France Santé s'appuiera sur une labellisation des structures existantes sur la base de critères. Très bien – mais quelle sera la règle du jeu pour organiser le parcours de soins ? Qui fixera les priorités ? Comment organiserez-vous le pilotage ? Dans beaucoup de territoires, des solutions existent déjà et fonctionnent. Comment ferez-vous évoluer l'organisation sans casser ce qui marche, sans mettre les structures en concurrence, sans ajouter de la surcharge administrative à des équipes déjà sous pression ?
Si France Services a plutôt bien marché, c'est parce que ce n'était pas un modèle unique : c'était un cadre clair, adaptable aux réalités locales, avec une porte d'entrée identifiable. J'entends souvent cette phrase : « On nous dit que ça va simplifier ; à la fin, c'est pire qu'avant. » Alors, madame la ministre, que peut-on répondre pour rassurer ? Qu'est-ce qui garantit que France Santé sera, non pas un guichet de plus, mais une porte d'entrée, qui simplifiera vraiment ?
Enfin, vous parlez d'un pilotage territorial par les agences régionales de santé et par l'assurance maladie, avec les préfets, sur la base d'objectifs de déploiement. Ma question est simple : qui sera le chef de file de France Santé ? Qui portera clairement la responsabilité du parcours de soins – pour le pilotage et pour les résultats – afin de garantir lisibilité, cohérence et continuité, pour les patients comme pour les professionnels ? Au bout du compte, ce qui soigne, c'est une porte d'entrée claire et des professionnels présents partout sur le territoire, y compris dans les outre-mer, pas un label.