Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées. Vous avez bien voulu appeler l'attention du ministre du travail et des solidarités sur la persistance des risques d'exposition à l'amiante en milieu professionnel. Ce sujet est une priorité pour le ministère. Son cabinet vous l'a rappelé lors d'un échange organisé la semaine dernière avec le groupe d'études amiante de l'Assemblée nationale, dont vous êtes vice-président.
La prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles se traduit notamment par des actions de sensibilisation et de contrôle au sein des secteurs et des activités à risque exposant à l'inhalation de fibres d'amiante. Elle figure parmi les priorités renforcées du plan national d'action du système d'inspection du travail pour 2026-2029. Ce renforcement se concrétise par la mise en place, au sein de chaque Dreets – direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités –, d'un réseau amiante chargé d'outiller et d'appuyer l'ensemble des agents de contrôle de l'inspection du travail.
En outre, la réglementation de la prévention du risque amiante dans les installations industrielles s'est considérablement renforcée avec l'introduction de l'obligation, pour tout commanditaire de travaux, de faire procéder à un repérage amiante avant toute opération comportant un risque d'exposition des travailleurs. Cette identification préalable garantit une protection efficace des travailleurs, visant, par des mesures de protection adaptées, à prévenir ou, à défaut, à réduire leur exposition. Cette obligation est prévue par un arrêté entré en vigueur le 12 juillet 2023, avec obligation, depuis le 1er octobre dernier, de recourir à un opérateur de repérage répondant aux exigences de cet arrêté.
Un suivi médical renforcé par le médecin du travail est plus particulièrement prévu pour les travailleurs dont les postes de travail comportent l'exécution de travaux exposant à l'amiante. Pour les autres, en cas d'exposition accidentelle, il est souhaitable de tracer cette exposition potentielle dans les dossiers médicaux en vue de l'organisation, le cas échéant, d'un suivi post-exposition par la médecine du travail ou d'un suivi post-professionnel. Ce dernier dispositif, pris en charge par l'assurance maladie, est mobilisable en justifiant de l'exposition à l'amiante au moyen d'un document du dossier médical en santé au travail ou d'une attestation remplie par l'employeur.
En ce qui concerne la demande d'inscription de l'établissement ArcelorMittal Fos-sur-Mer sur les listes ouvrant droit au dispositif de l'Acaata – allocation de cessation anticipée d'activité des travailleurs de l'amiante –, l'instruction est en cours.