Anne-Sophie RonceretMonsieur le ministre, le 100 % santé a changé la vie de nombre de Français. En audiologie et en optique, il a permis à des patients de s'équiper plus facilement, grâce à un reste à charge fortement réduit, voire nul, et à une amélioration de l'accès aux soins sur tout le territoire.
Cependant, une aide auditive n'est réellement utile que si elle est correctement réglée et accompagnée dans la durée. C'est tout le rôle de l'audioprothésiste : adapter l'équipement à la situation du patient, puis assurer les ajustements et le suivi nécessaires pour qu'il apporte un bénéfice concret au quotidien.
Or l'article 58 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2023 a prévu des mesures dites de dissociation, qui pourraient conduire à séparer l'appareillage de son suivi. Concrètement, cela reviendrait à couper en deux ce qui fait la qualité du soin : d'un côté l'équipement, de l'autre l'accompagnement.
Cela ferait peser sur les patients un risque avéré : moins de suivi, plus de complexité et potentiellement un reste à charge plus élevé, ce qui irait à rencontre de l'esprit même du 100 % santé.
Pouvez-vous confirmer que les audioprothèses et plus largement les dispositifs relevant du 100 % santé seront explicitement exclus du champ d'application de ces mesures de dissociation ?