Stéphane LenormandCette question concerne autant le ministère des transports, que celui des outre-mer et des armées.
L'infrastructure portuaire de Saint-Pierre-et-Miquelon, port d'État, souffre d'un sous-investissement depuis plus de quarante ans et se trouve aujourd'hui dans un piteux état. Il y a dix ans, un rapport estimait sa simple remise à niveau à 100 millions d'euros.
Ce n'est pas ce que je demande. Depuis trois ans, j'interpelle les gouvernements successifs sur le quai du commerce, également en mauvais état – plus de 200 mètres linéaires ont été fermés pour des raisons de sécurité, et la partie encore en activité est dans un état similaire. Or c'est le seul point d'approvisionnement du territoire : chaque semaine, les conteneurs de nourriture et de biens essentiels y arrivent. À tout moment, il peut céder. Sa remise en état est estimée à environ 20 millions d'euros par les services de l'État.
Vous savez qu'il y a urgence à agir. Je suis un ancien chef d'exécutif et je sais comment fonctionnent les marchés publics : même si l'État prenait enfin ses responsabilités et donnait son accord, les travaux ne commenceraient pas avant 2028, le temps de faire le dossier, de lancer les appels d'offres, de les attribuer puis, pour les entreprises, de commander le matériel.
Je tiens à souligner la responsabilité du gouvernement : ce quai est vital pour le ravitaillement du territoire et, dans le contexte international que nous connaissons, pour la souveraineté nationale, compte tenu de la position stratégique de l'archipel à la sortie du Saint-Laurent. Or un navire militaire de capacité moyenne ne pourrait même pas y être alimenté en électricité, tant les infrastructures sont désuètes.
Je ne comprends pas qu'un pays comme la France – et son gouvernement – ne prennent pas en considération cette demande urgente. L'attentisme met le territoire en difficulté et coûtera, à terme, deux à trois fois plus cher.
Ne peut-on organiser une réunion interministérielle – outre-mer, défense, transports – pour trouver les 20 millions d'euros nécessaires aux services de l'État pour lancer la procédure – dont je répète que les effets concrets n'interviendraient pas avant 2028 ?