Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l'intérieur. Je suis moi aussi bien conscient, en tant qu'élu local, des faits que vous décrivez et le gouvernement est particulièrement mobilisé sur cette question. Je vais donc tout d'abord rappeler les moyens en vigueur pour lutter contre ces difficultés.
De manière préventive, le préfet peut réglementer par arrêté les horaires d'ouverture et de fermeture des débits de boissons. Quant au maire, il peut restreindre la vente à emporter de boissons alcooliques sur le territoire de la commune de 20 heures jusqu'à 8 heures le lendemain matin, en application du code de la santé publique. Il peut également interdire la consommation d'alcool à certaines heures et à l'intérieur d'un certain périmètre géographique, en vertu de son pouvoir de police générale qu'il peut mobiliser en raison de circonstances locales particulières.
Ensuite, le préfet a la possibilité de fermer administrativement, sur le fondement du code de la sécurité intérieure, des commerces pour troubles à l'ordre public ou pour atteinte à la tranquillité publique, pour une durée n'excédant pas trois mois. C'est le cas lorsque l'établissement de vente à emporter de boissons alcoolisées occasionne des troubles à l'ordre public, à la sécurité ou à la tranquillité publiques, y compris lorsqu'ils sont commis non pas directement dans l'établissement ou juste devant, mais à proximité s'ils sont en lien avec son exploitation. J'ajoute que le non-respect de cette décision par l'exploitant l'expose à une amende pouvant atteindre 3 750 euros.
Par ailleurs, le Parlement vient de renforcer les moyens existants : la loi du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic permet ainsi de prendre une mesure de fermeture pouvant aller jusqu'à six mois maximum pour les commerces agissant en lien avec le narcotrafic.
Mais vous avez souligné l'importance de renforcer encore ces dispositifs et je peux vous dire qu'avec Laurent Nuñez, le ministre de l'intérieur, l'ensemble du gouvernement est déterminé à poursuivre dans cette direction et que dans les semaines qui viennent, les députés seront amenés à examiner un certain nombre de dispositifs ayant trait à la sécurité du quotidien et que de nouvelles mesures visant à renforcer l'efficacité de l'action administrative figurent dans le projet de loi qui vous sera alors soumis. D'ici là, je vous réaffirme toute la détermination du gouvernement à aider les parlementaires et les élus locaux confrontés à ces difficultés de toutes ses forces.