Mathilde FeldJe suis élue dans la douzième circonscription de la Gironde, où la viticulture occupe une place centrale. Aussi je souhaite insister sur l'incompréhension et la très grande inquiétude de l'ensemble de la filière quant au durcissement des conditions d'utilisation des produits à base de cuivre pour lutter contre le mildiou, consécutif à la décision rendue en juillet 2025 par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail.
Le cuivre est un produit utilisé et connu depuis plus de cent ans en viticulture. Il constitue aujourd'hui le seul fongicide minéral réellement efficace autorisé en agriculture biologique pour lutter contre les maladies cryptogamiques, en particulier le mildiou. Or les nouvelles conditions d'utilisation fixées dans les autorisations de mise sur le marché ne permettent plus une utilisation adaptée aux réalités agronomiques. L'impossibilité d'intervenir dans les vignes pendant sept jours après l'application de sulfate de cuivre compromet gravement la protection des cultures, notamment en période de forte pluie.
Cette situation place la majeure partie des exploitations dans une impasse technique et économique, avec des pertes de rendement insurmontables. Le comble, pour les exploitations conventionnelles, est que l'alternative consiste à recourir à des produits tels que le folpel, classé CMR2, c'est-à-dire potentiellement cancérogène, mutagène et reprotoxique. Vous conviendrez que ce point soulève une incohérence manifeste au regard des objectifs de protection des travailleurs et de non-contamination des eaux et des sols. Cela semble d'autant moins logique qu'à ce jour, aucune maladie professionnelle n'a été établie en lien avec l'usage du cuivre dans les conditions réglementaires antérieures.
À court terme, aucune solution alternative crédible n'est disponible. Les cépages résistants constituent une perspective intéressante, mais leur déploiement à grande échelle prendra encore plusieurs années. Par ailleurs, cette situation crée une distorsion de concurrence préoccupante avec certains États membres qui ont adopté une approche plus souple dans l'attente de la révision européenne du statut du cuivre prévue en 2029.
Les premiers traitements de la vigne approchent. Dans ce contexte, quelles mesures prendrez-vous pour répondre à l'alerte d'une filière viticole unanime, qui vous demande d'assouplir sans délai les conditions d'utilisation des produits à base de cuivre, afin de garantir la protection des cultures et la survie économique des exploitations viticoles françaises, tout en assurant un niveau élevé de protection des travailleurs ?