Jean-Pierre Farandou, ministre du travail et des solidarités. Je vais vous rapporter les termes de la réponse de la ministre de la culture, Catherine Pégard.
Vous avez raison de rappeler que la diversité de nos salles de cinéma est une richesse unique en Europe et l'un des grands succès de notre politique culturelle. Nos salles sont en quelque sorte des joyaux de la couronne du cinéma européen. Qu'il s'agisse des multiplex, des circuits itinérants, des cinémas de proximité, sur lesquels vous appelez notre attention, ou des petites salles rurales, ce maillage exceptionnel de près de 2 000 cinémas et de 6 000 écrans garantit à toutes et à tous un large accès aux œuvres.
Je vous rejoins également sur le rôle essentiel des salles dans la formation du regard et de l'esprit des jeunes. Le gouvernement est très engagé sur ce sujet. Il a ainsi lancé, fin 2025, un grand plan pour l'éducation à l'image.
Pour préserver ces succès, nous suivons avec beaucoup d'attention la situation des cinémas. Dès mai 2025, le Centre national du cinéma et de l'image animée a mis en place un comité de concertation, dont la composition équilibrée réunit sept exploitants et sept distributeurs. Sa mission est de rétablir un dialogue apaisé, dans un contexte de tension inédite entre tous les maillons de la chaîne. La dernière recommandation issue des travaux du comité rappelle un principe essentiel : la négociation entre exploitants et distributeurs doit se faire par œuvre, cinéma par cinéma.
Ce cadre répond directement aux abus et aux difficultés que vous signalez. Sa mise en place étant récente, il est sans doute trop tôt pour en tirer un bilan, mais nous pouvons être optimistes. La première recommandation du comité, faite en 2025, a permis de mettre immédiatement fin à certaines pratiques excessives autour des avant-premières.
Je veux croire que la profession saura à nouveau faire preuve d'intelligence collective. À défaut, la ministre de la culture demandera au CNC d'étudier des mesures plus contraignantes pour garantir des pratiques de concurrence équitables.
Vous avez raison d'insister sur le rôle de la médiatrice du cinéma. Dotée d'un véritable pouvoir d'injonction, elle peut intervenir rapidement et de manière contraignante en cas d'abus, sans avoir à changer la loi. Le gouvernement invite donc les professionnels concernés à recourir davantage à cette instance pour corriger les déséquilibres que vous mentionnez.