Jean-Pierre Farandou, ministre du travail et des solidarités. Vous interrogez Mme la ministre de la santé sur l'accès aux soins dans les territoires ruraux, notamment chez vous, dans les Pyrénées-Orientales. Vous avez raison de le souligner : il s'agit effectivement d'une priorité majeure et d'un enjeu d'égalité républicaine territoriale, pour lequel le gouvernement est pleinement mobilisé.
Près de 6 millions de Français, dont 500 000 souffrant d'une affection de longue durée, ne disposent pas d'un médecin traitant, et environ 90 % du territoire est confronté à une pénurie de médecins, alors même que les besoins de santé augmentent. Les Pyrénées-Orientales n'échappent malheureusement pas à cette réalité.
Face à cette situation, le gouvernement agit avec constance et détermination depuis la suppression du numerus clausus en 2017, suppression dont l'objectif principal était bien de faire reculer les déserts médicaux dans la durée. Dans le même esprit, le déploiement du réseau France Santé par le ministère de la santé et la ministre, Mme Stéphanie Rist, permettra de renforcer concrètement l'offre de soins de proximité : près de 1 500 lieux de soins ont été labellisés et d'autres suivront une fois que le cadre de financement aura été défini avec les professionnels de santé, qui y travaillent avec l'assurance maladie depuis fin février.
Les dispositifs itinérants que vous évoquez, notamment le Médicobus, ont toute leur place dans cette stratégie et pourront bénéficier d'un soutien technique et financier renforcé via France Santé. France Santé permettra aussi de renforcer la dynamique de solidarité territoriale, par laquelle les médecins viennent accroître l'offre de soins sur une partie de leur temps dans les déserts médicaux. Enfin, notre mobilisation est totale pour mettre en œuvre la quatrième année de médecine générale, qui permettra à 3 700 jeunes docteurs, les docteurs juniors, de renforcer l'offre de soins dans les zones les plus en tension, à partir de novembre 2026.
Voilà des réponses concrètes face à l'urgence à agir que vous avez évoquée. Dans ce combat, vous l'avez dit, l'État n'agit pas seul : le gouvernement sait pouvoir compter sur l'engagement des élus locaux et, bien sûr, sur celui des professionnels de santé qui s'engagent au quotidien pour améliorer l'accès aux soins de nos concitoyens.