Bartolomé LenoirDans son histoire, le département de la Creuse a beaucoup donné à la France : ses maçons ont construit Paris ; nombre de ses enfants sont tombés au cours des guerres mondiales ; ses agriculteurs ont contribué à relever le pays après ces épreuves. Nous avons accepté ce prix car nous avions confiance dans l'idéal d'un pays où chacun de nos enfants a sa chance, qu'il soit parisien ou creusois, et où le mérite et le travail sont récompensés.
Cependant, cette confiance se brise lorsque nos écoles ferment et que les plus fragiles d'entre nous sont abandonnés. Rien n'est plus insupportable que cette réalité : l'espérance de vie est plus faible à la campagne qu'en ville, faute d'accès aux soins et de diagnostics posés à temps. La hausse du tarif des carburants aggrave cette situation, malgré le travail extraordinaire des aides à domicile et des infirmières libérales.
En tant qu'élus, nous avons collectivement le devoir de ne pas abandonner et de trouver des idées. Je voudrais en évoquer une : obtenir une première année de médecine à Guéret. Savez-vous que les Creusois sont sous-représentés à l'université de Limoges ? Nous avons pourtant des jeunes brillants. Proposer cette première année leur donnerait la chance d'accomplir leur destin et nous donnerait celle d'avoir des médecins susceptibles de s'installer chez eux pour soigner les plus fragiles.
Avant de poser cette question à Mme la ministre de la santé, j'ai contacté la maire de Guéret, le président de l'association des maires de la Creuse et le conseil départemental. Nous ne sommes pas du même bord politique, mais j'ai trouvé chez eux un soutien sincère, qui m'a montré que ce type de projet rassemble au-delà de tout ce qui nous divise. Ma question est simple : le gouvernement peut-il s'engager à créer une première année de médecine à Guéret pour la rentrée 2027 ?