PREMIÈRE ANNÉE DE MÉDECINE À GUÉRET
Mme la présidente. La parole est à M. Bartolomé Lenoir, pour exposer sa question, no 690, relative à la première année de médecine à Guéret.
M. Bartolomé Lenoir. Dans son histoire, le département de la Creuse a beaucoup donné à la France : ses maçons ont construit Paris ; nombre de ses enfants sont tombés au cours des guerres mondiales ; ses agriculteurs ont contribué à relever le pays après ces épreuves. Nous avons accepté ce prix car nous avions confiance dans l'idéal d'un pays où chacun de nos enfants a sa chance, qu'il soit parisien ou creusois, et où le mérite et le travail sont récompensés.
Cependant, cette confiance se brise lorsque nos écoles ferment et que les plus fragiles d'entre nous sont abandonnés. Rien n'est plus insupportable que cette réalité : l'espérance de vie est plus faible à la campagne qu'en ville, faute d'accès aux soins et de diagnostics posés à temps. La hausse du tarif des carburants aggrave cette situation, malgré le travail extraordinaire des aides à domicile et des infirmières libérales.
En tant qu'élus, nous avons collectivement le devoir de ne pas abandonner et de trouver des idées. Je voudrais en évoquer une : obtenir une première année de médecine à Guéret. Savez-vous que les Creusois sont sous-représentés à l'université de Limoges ? Nous avons pourtant des jeunes brillants. Proposer cette première année leur donnerait la chance d'accomplir leur destin et nous donnerait celle d'avoir des médecins susceptibles de s'installer chez eux pour soigner les plus fragiles.
Avant de poser cette question à Mme la ministre de la santé, j'ai contacté la maire de Guéret, le président de l'association des maires de la Creuse et le conseil départemental. Nous ne sommes pas du même bord politique, mais j'ai trouvé chez eux un soutien sincère, qui m'a montré que ce type de projet rassemble au-delà de tout ce qui nous divise. Ma question est simple : le gouvernement peut-il s'engager à créer une première année de médecine à Guéret pour la rentrée 2027 ?
Mme la présidente. La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l'autonomie et des personnes handicapées.
Mme Camille Galliard-Minier, ministre déléguée chargée de l'autonomie et des personnes handicapées. Permettez-moi d'excuser la ministre de la santé, qui m'a chargée de répondre à votre question. L'offre médicale de la Creuse est l'une des plus déficitaires. Comme vingt-cinq autres départements, le vôtre ne dispose pas de voie d'accès aux études de santé. Votre demande est donc parfaitement légitime et vous pouvez compter sur mon soutien.
En 2025, le gouvernement a souhaité renforcer le maillage territorial des voies d'accès aux études de santé. Son objectif était que tous les départements soient couverts. Une mission a été confiée aux préfets, aux directeurs généraux d'agences régionales de santé (ARS) et aux recteurs afin que chaque département, dont la Creuse, puisse construire le modèle le plus adapté au contexte local.
La première année des études de médecine évolue vers un modèle unique, plus simple, qui sera effectif à la rentrée 2027. Cette fenêtre vous permet d'en ouvrir une à Guéret. L'ARS, le rectorat et l'université de Limoges ont d'ores et déjà envisagé plusieurs hypothèses. La ministre de la santé les a sollicités pour accélérer les discussions, afin d'aboutir au plus vite à un modèle de première année à Guéret.
Monsieur le député, vous connaissez l'engagement du gouvernement sur les enjeux d'équité dans l'accès aux soins. Assurer l'équité dans l'accès aux formations de santé en constitue un levier essentiel.
Mme la présidente. La parole est à M. Bartolomé Lenoir.
M. Bartolomé Lenoir. Le fonctionnement de la maternité de Guéret – la seule du département – est actuellement dégradé. La Creuse est le département où la situation des médecins est la plus mauvaise et l'un des plus pauvres de la métropole. Le gouvernement doit absolument s'engager pour que la Creuse ait enfin ce qu'elle mérite : l'espoir de parvenir à affronter cette situation.
Je vous livre une anecdote personnelle : 90 % des personnes qui se rendent à mes permanences mobiles, effectuées à bord d'un van, le font pour trouver un médecin. Récemment, j'ai dû sortir de ce van pour échanger avec un homme assis à l'avant d'une voiture, portant un casque en raison d'une maladie du type Parkinson, et qui ne trouvait pas de médecin. Il touche une faible pension de retraite et il est venu me voir avec son épouse, elle-même extrêmement fatiguée. Je dois pouvoir leur dire que les choses vont changer. Je vous transmets ce message car les souffrances dans mon département, sévères, ne sont pas dignes de notre pays.