Catherine HervieuSoixante-deux classes seront fermées en Côte-d'Or, et trente-trois postes supprimés, pour un nombre bien moindre d'ouvertures.
Derrière ces chiffres se cachent des réalités concrètes : des classes plus chargées, des conditions d'apprentissage dégradées, des équipes éducatives sous tension. Les élèves subiront les conséquences de ces choix, notamment les plus fragiles, ceux qui ont des besoins éducatifs particuliers, et qui seront moins bien accompagnés alors même que des postes d'AESH et en réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté restent non pourvus.
Les mesures de la carte scolaire sont justifiées par le gouvernement et par le ministère de l'éducation nationale par la baisse démographique. Cette approche, alors que le président de la République appelle au « réarmement démographique » de la France, nous étonne. Au-delà de la brutalité d'une telle formulation, il convient en effet de créer les conditions les plus accueillantes possibles, de la crèche à l'entrée dans la vie active, pour les enfants à venir et pour ceux déjà nés. Une telle politique contribuerait à permettre aux jeunes de se projeter dans un avenir plus rassurant, contrastant avec les perspectives actuelles marquées par la dégradation des conditions d'éducation et d'apprentissage.
Dans ma circonscription, comme dans l'ensemble de la Côte-d'Or, en ville comme à la campagne, les élus, les enseignants et les parents sont sur le qui-vive. Ils se mobilisent contre des décisions souvent déconnectées des réalités locales. Les parents dénoncent une logique purement comptable, résumée par leur slogan : « Nos enfants ne sont pas des dossiers à répartir ». Les élus locaux, les équipes éducatives et les familles donnent l'alerte : les conséquences concrètes de ces choix seront une réorganisation des temps scolaires, des coûts supplémentaires pour les collectivités, une déstabilisation des enfants et des parcours éducatifs.
Ces décisions accentuent les inégalités territoriales dans l'accès à une éducation de qualité. Nous le savons : la suppression d'une seule classe peut entamer la vitalité d'une commune. Sans école, ce sont des villages qui meurent ; sans école, il n'y a plus de vie ni d'attractivité.
L'ampleur de cette alerte doit être entendue. De fortes inquiétudes concernant la qualité du suivi pédagogique et à l'adaptation de structures d'accueil pour les jeunes se font jour.
Le système français est l'un des plus inégalitaires de l'OCDE. Le niveau en mathématiques et en compréhension de l'écrit des élèves de quinze ans dépend fortement de leur milieu social. La France figure parmi les pays où l'écart entre les élèves d'origine très favorisée et ceux d'origine très défavorisée est le plus grand. J'encourage donc le renforcement de l'encadrement et le dédoublement des classes afin d'assurer une éducation de qualité et adaptée à chaque enfant.
Monsieur le ministre, vu que les décisions prises fragilisent l'école publique et accentuent les inégalités territoriales, le gouvernement entend-il revoir la carte scolaire 2026 et dépasser la seule logique démographique d'ajustement budgétaire ? Que répondez-vous aux familles et aux élus locaux qui vivent cette situation comme un abandon, alors que les collectivités territoriales sont à bout ? Envisagez-vous une politique éducative qui soit véritablement fondée sur l'amélioration des conditions d'apprentissage ?