Pascale GotPour les 2 000 usagers quotidiens du train express régional no 42, qui relie Bordeaux à la Pointe-de-Grave, prendre le train devient une gageure. Retards à répétition, suppressions de trains, manque de fiabilité : impossible de savoir si l'on arrivera à l'heure à l'école, au travail ou à un rendez-vous médical, ou même si l'on pourra rentrer chez soi le soir.
Les usagers enchaînent les pétitions, les élus du territoire prêchent dans le vide, les comités de ligne sont de façade : rien n'y fait. Pour les usagers et les acteurs locaux, le sentiment d'abandon et de rupture d'égalité devant le service public empire.
La situation est pourtant parfaitement connue de tous : du président de la SNCF, M. Castex, qui s'est d'ailleurs rendu sur place, de la direction régionale SNCF Voyageurs, que j'ai interpellée, ainsi que de la région Nouvelle-Aquitaine. On me répète à l'envi que la ligne est ancienne et fragile et qu'une voie unique présente des contraintes ; à chaque élaboration du contrat de plan État-région, sa modernisation apparaît comme un leurre et tout le monde se renvoie la balle. Avec les usagers, nous demandons que l'on passe du constat à l'action, concernant à la fois l'infrastructure et la qualité de service apportée aux voyageurs. Cette ligne est l'une des plus fréquentées de Gironde, en raison du caractère insulaire du Médoc.
En outre, le projet de loi-cadre relatif au développement des transports nous inquiète. Il ne comprend aucune garantie claire de financement pluriannuel qui pourrait concerner la ligne n° 42. L'ouverture à la concurrence pour l'exploitation des lignes régionales n'est guère plus rassurante ; la recherche de rentabilité laisse craindre un décrochage durable des territoires déjà fragilisés, comme le Médoc.
Quelles sont les intentions du gouvernement pour sécuriser le financement et protéger la ligne no 42 ? Vous engagez-vous à organiser une réunion de travail avec l'ensemble des acteurs concernés, afin de décider d'un calendrier et de mesures concrètes pour garantir le respect du principe d'égalité d'accès à la mobilité dans le Médoc ?