Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la transition écologique. Je vous remercie pour votre engagement sur ce sujet et pour votre question, qui me donne l'occasion de clarifier le point, souvent évoqué, des ressources affectées à la prévention des risques naturels. Comme vous l'avez indiqué, la taxation des assureurs sur la surprime Cat nat n'est plus affectée au fonds Barnier, mais au budget général de l'État.
En 2025, cette taxe a généré 485 millions d'euros de recettes. En 2026, les ressources votées en loi de finances au bénéfice de la prévention des risques naturels s'élèvent à plus de 590 millions d'euros, car le fonds Barnier ne constitue pas la seule ressource budgétaire de l'État consacrée à la prévention des risques naturels. D'autres ressources existent, également soumises au contrôle du Parlement, telles que les actions du programme 181, Prévention des risques, ou le fonds Vert, créé en 2023, qui aide les collectivités à s'adapter au changement climatique. En 2026, à partir des crédits votés par le Parlement, le gouvernement a d'ailleurs décidé de faire de l'adaptation au changement climatique, en particulier de la prévention des risques naturels, une priorité d'intervention du fonds Vert.
S'agissant des modalités d'intervention du fonds Barnier, beaucoup de travaux ont été menés ces dernières années pour trouver le juste équilibre entre, d'une part, un bon ciblage sur les opérations qui présentent le meilleur coût bénéfice, et, d'autre part, une souplesse d'usage pour les préfets et les bénéficiaires.
Sur la protection des habitations, je rappelle que la priorité est aux mesures de protection collective, comme les solutions fondées sur la nature, la désimperméabilisation des sols ou la création de digues. Elles sont souvent plus efficaces sur un plan économique et apportent usuellement plus de garanties que des travaux menés sur des habitations individuelles. Lorsque de tels travaux collectifs ne sont pas opportuns, les travaux individuels sur chaque bâtiment peuvent être la bonne réponse.
Plusieurs dispositifs d'aides du fonds Barnier ont été déployés, notamment lorsque les plans de prévention des risques ont prévu de tels travaux, ou lorsque les programmes d'action pour la prévention des inondations conduits par les collectivités le prévoient. Dans les autres cas, en dehors du fonds Barnier, un dispositif de financement des diagnostics et des travaux a été intégré l'an dernier au programme 181.
Les ressources consacrées à la prévention des risques naturels, je le répète, s'élèvent à plus de 590 millions d'euros – 591,2 millions pour être précis – et se répartissent comme suit : dans le programme 181, 300 millions au titre du fonds Barnier, 30 millions au titre de l'action 15, Retrait-gonflement des argiles, et 65,2 millions au titre de l'action 10 Prévention des risques naturels et hydrauliques ; à quoi s'ajoutent les 196 millions du fonds Vert.