Édouard Geffray, ministre de l'éducation nationale. Je vais d'abord vous répondre sur les AESH et, plus généralement, sur l'école inclusive. Vous le savez, nous faisons face à une forte croissance du nombre d'élèves reconnus en situation de handicap et, plus encore, du nombre d'élèves bénéficiant d'un droit à un accompagnement notifié par la MDPH. Si l'on perd 1 % à 2 % d'élèves chaque année, entre 8 % et 12 % d'élèves supplémentaires font l'objet d'une notification de droit à un AESH – on constate une forme d'effet de ciseau.
En l'espace d'une quinzaine d'années, nous avons créé un véritable service public de l'école inclusive. Nous comptons aujourd'hui 145 000 AESH dans le système éducatif ; c'est devenu le deuxième métier de l'éducation nationale. Ce nombre est à mettre en perspective avec les quelque 800 000 professeurs. En Loire-Atlantique, ce sont 10 310 élèves en situation de handicap qui sont scolarisés, dont 5 379 font l'objet d'une notification MDPH.
Il est vrai qu'à la rentrée, 50 000 élèves ne bénéficiaient pas de l'AESH auquel ils avaient droit. Je me permets toutefois de souligner la différence entre la photographie et le film. Nous rencontrons un problème pour satisfaire la demande ; c'est une réalité qu'il ne faut pas ignorer et à laquelle je me suis attaqué dès mon arrivée au ministère. Mais il existe une autre réalité : lorsque des dizaines de milliers de notifications tombent entre le 15 juillet et le 31 août, il est extrêmement difficile, à la date du 10 ou du 12 septembre, d'obtenir un AESH pour chaque élève. Qu'il y ait des pics de demandes, cela correspond au fonctionnement des familles, mais il en résulte que nous ne sommes pas toujours capables d'y répondre immédiatement. Nous essayons bien évidemment d'organiser les choses, mais il faut avoir cette donnée en tête.
Au-delà des mesures prises au cours des dernières années en faveur des AESH – même si elle reste insuffisante, leur rémunération a ainsi progressé de 41 % en huit ans –, j'ai annoncé, à la suite des travaux sur la proposition de loi de la sénatrice Marie-Pierre Monier, que j'ouvrirais une concertation sur leur statut. La première réunion aura lieu dans les jours qui viennent ; la deuxième se tiendra fin mai. Elle portera notamment sur la possibilité de fonctionnaliser certains d'entre eux afin de leur offrir un cadre plus protecteur.
Je rappelle également que nous déployons des pôles d'appui à la scolarité, qui permettent d'inverser la logique et de répondre, dans le bon ordre, d'abord à la nécessité de l'accessibilité des apprentissages, puis à la question de la compensation.
Tout cela forme un ensemble cohérent ; j'aurais aimé approfondir la question mais, comme je souhaite répondre aussi à votre seconde question, je m'arrêterai là.
Je l'ai dit : la carte de l'éducation prioritaire ne sera pas refaite au cours des prochains mois car je ne souhaite pas engager la future majorité de 2027 s'agissant d'un sujet aussi fondamental. En revanche, j'ai demandé un examen particulier de la situation des écoles dont l'indice de position sociale des élèves est très faible ou qui se trouvent dans des configurations aussi contraintes que celles que vous mentionnez ; cela permettra de se pencher spécifiquement sur leurs moyens, tant humains – le nombre de professeurs – que médico-sociaux.