Camille Galliard-Minier, ministre déléguée chargée de l'autonomie et des personnes handicapées. Je vous prie d'excuser l'absence du ministre du travail Jean-Pierre Farandou, qui m'a chargée de vous transmettre les éléments de réponse suivants.
Le gouvernement et le ministère du travail et des solidarités partagent votre engagement en faveur de l'insertion professionnelle des publics les plus éloignés de l'emploi. Concrètement, notre action se matérialise par une enveloppe de 1,4 million d'euros pour 2026 consacrée au soutien à l'IAE. Les 4 300 structures d'IAE constituent notre principal outil de lutte contre les difficultés d'insertion sur le marché du travail que rencontrent celles et ceux qui en sont le plus éloignés.
Dans la loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel, le législateur a prévu l'expérimentation d'une nouvelle forme de structure d'insertion par l'activité économique : les EITI, qui sont le sujet de votre question. Elles ont vocation à permettre à des personnes sans emploi, confrontées à des difficultés sociales et professionnelles particulières, d'exercer une activité professionnelle entrepreneuriale, en bénéficiant d'un service de mise en relation avec des clients et d'un accompagnement réalisé par une EITI. Cette expérimentation doit effectivement s'achever fin 2026. En 2025, soixante-douze EITI ont été conventionnées et 3 255 travailleurs indépendants – 0,75 % des bénéficiaires de l'IAE – ont été accompagnés, pour un budget de 10,11 millions d'euros.
Le rapport d'évaluation de cette expérimentation vient d'être achevé. Dans une perspective de transparence et de concertation, le ministre du travail a convié les parties prenantes à participer à un séminaire de travail le 29 avril 2026. L'évaluation a permis de mettre en exergue les enseignements positifs de l'expérimentation, mais également ses limites. Le rapport relève notamment que le chiffre d'affaires dégagé par les bénéficiaires ne leur permet pas de vivre de leur activité dans 80 % des cas. Cela remet en question la capacité du dispositif à permettre leur insertion professionnelle par une activité indépendante qui soit pérenne et durable. Ce point est essentiel : si le gouvernement est convaincu que le travail indépendant est une des voies de l'insertion professionnelle, nous avons néanmoins la responsabilité de mieux accompagner les publics les plus éloignés de l'emploi vers l'autonomie financière. Les travaux de concertation se poursuivent en vue de prévoir la suite à donner à l'expérimentation à partir de 2027. Pour donner de la visibilité aux acteurs, l'avis du ministère du travail et des solidarités sera partagé d'ici à la fin du premier semestre.