Édouard Geffray, ministre de l'éducation nationale. La situation particulièrement préoccupante dans le collège que vous avez mentionné est aussi très complexe à résoudre, parce qu'elle combine des problématiques d'attractivité territoriale et disciplinaire. Pour être tout à fait transparent, nous faisons moins face à un problème de moyens budgétaires – au sens des rémunérations afférentes à des postes en équivalent temps plein – qu'à une difficulté à recruter des personnels qui acceptent des affectations dans des collèges situés dans des territoires ruraux éloignés.
En l'occurrence, au collège Jacques-Prévert de Lorrez-le-Bocage, il y a eu un certain nombre d'absences, que je qualifierai d'inévitables. En lettres modernes, même s'il y a eu des délais de mise en place, ces absences ont été majoritairement couvertes ; c'est également le cas en anglais. En revanche, en physique-chimie, comme vous l'avez dit, il y a eu une vacance structurelle, très tardivement comblée. Pour votre information, quatre candidats ayant reçu une proposition l'ont successivement déclinée ou ne se sont pas présentés.
Dans certains territoires, la situation est objectivement très complexe et, évidemment, – je le dis pour rassurer vos élèves, notamment ceux qui passent le brevet –, lorsqu'une vacance de poste a couvert une longue partie de l'année, il en est tenu compte pour les examens.
Derrière tout cela se pose la question, évoquée il y a quelques minutes à propos de la démographie, de la taille de certaines structures. Typiquement, en physique-chimie et en sciences de la vie et de la Terre, les professeurs, qui ont une heure et demie hebdomadaire de cours par discipline et par classe, travaillent parfois dans plusieurs établissements. Quand un professeur est absent, il l'est dans plusieurs établissements et doit être remplacé dans chacun d'eux, ce qui introduit un degré de contrainte supplémentaire vis-à-vis des candidats putatifs. Par ailleurs, comme je l'ai rappelé, le vivier de personnel peut être limité dans certaines disciplines.
Nous travaillons sur ces problématiques : le pacte enseignant, lancé il y a quelques années, permet éventuellement de l'autoremplacement, sur des absences de courte durée. Pour remédier aux absences de longue durée, nous n'avons pas d'autres solutions « humaines » clé en main que de chercher constamment à améliorer notre vivier d'enseignants et leurs affectations pour répondre aux besoins concrets. Sur la partie que je qualifierai de « non humaine », nous déployons avec le Centre national d'enseignement à distance un dispositif reposant sur l'idée d'un programme court, qui permet de suivre sur ordinateur, en salle et en direct, un cours adapté au niveau de l'élève, choisi par le professeur en fonction d'une thématique – ce qui, là encore, est beaucoup plus facile à utiliser pour des remplacements de courte durée que de longue durée. Pour ces derniers, notre seule possibilité est de muscler notre vivier de contractuels remplaçants, ce que nous essayons de faire dans les différentes disciplines, sous réserve de leur attractivité, en optimisant autant que possible l'allocation des ressources, en fonction des territoires, avec une vigilance particulière pour les territoires les plus éloignés.