Philippe Baptiste, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace. Je vous remercie pour cette question toute en nuance... Il est bon d'avoir le sens de la mesure dans les mots qu'on emploie ! Le terme « xénophobie » ne me semble vraiment pas adapté.
Vous n'ignorez sans doute pas que la pratique des droits différenciés est utilisée dans à peu près tous les pays du monde, y compris, pour prendre un exemple au hasard, à Cuba, un pays cher à votre cœur par ses choix politiques ! C'est vrai aussi en Afrique du Sud, en Grande-Bretagne, aux États-Unis, au Canada, en Suisse, dans certains Länder allemands et dans l'immense majorité des pays européens. Cette pratique, en somme, est une pratique normale, qui existe en France depuis 2019 pour les étudiants extracommunautaires.
Nous avons, il est vrai, décidé de relancer un plan d'attractivité à destination des étudiants internationaux – d'où évidemment son nom anglais. Il reprend les fondamentaux du plan Bienvenue en France et prévoit que les étudiants internationaux accueillis dans notre pays s'acquittent de droits correspondant au tiers environ du coût réel de leur formation, soit un peu moins de 3 000 euros en moyenne pour un coût global de 11 000 euros à peu près. Le contribuable continuera donc de « subventionner » l'accueil des étudiants internationaux qui viennent étudier en France à hauteur de 7 000 ou 8 000 euros pour chacun d'eux. Parler de xénophobie dans de telles conditions ne me paraît réellement pas justifié. Je le redis, il faut avoir le sens de la mesure, monsieur le député !
J'ajoute que les montants générés par l'application des droits différenciés restent à la main des établissements et qu'ils permettront d'améliorer l'accueil des étudiants internationaux. Je ne crois pas, en effet, que l'on puisse se satisfaire de leur situation actuelle. Certains d'entre eux sont en grande précarité. Le contrôle de ressources fonctionne mal. Le plan Choose France For Higher Education permet aussi de cibler notre action, car nous avons besoin des étudiants internationaux dans plusieurs secteurs – je ne suis donc pas du tout pour une logique de fermeture, mais au contraire pour une logique d'ouverture de notre pays –, en particulier ceux de la science et de la technologie. Je rappelle qu'il est nécessaire de former 40 000 ingénieurs et 40 000 techniciens par an. Ne serait-ce que pour ces deux métiers, nous avons besoin des étudiants internationaux. Nous devons donc avoir une démarche proactive en encourageant les étudiants internationaux à venir chez nous, notamment en donnant des bourses à ceux qui n'ont pas la capacité de subvenir à leurs besoins et qui sont parmi les meilleurs. Les autres doivent être capables de contribuer marginalement au coût global de leurs études.
Quant à la situation de l'université de Strasbourg, elle est suivie attentivement par le rectorat.