Martine FrogerJ'appelle votre attention sur la situation très préoccupante du réseau des chambres de métiers et de l'artisanat. Vous le savez, lors de l'examen du projet de loi de finances pour 2026, le Parlement, dans sa diversité, s'est prononcé clairement : la baisse des ressources des CMA devait être limitée à 13,25 millions d'euros, conformément à la trajectoire négociée avec l'État. Malgré ce vote clair, le gouvernement a choisi d'imposer une réduction budgétaire supplémentaire de 6 millions d'euros en recourant à l'article 49.3.
Cette décision est jugée profondément injuste, car les CMA ont déjà largement contribué à l'effort budgétaire du pays, avec une diminution cumulée de 60 millions d'euros de leurs taxes affectées entre 2023 et 2027. Dans le même temps, elles subissent des baisses importantes du financement de la formation professionnelle et de l'apprentissage, qui ont déjà des conséquences considérables sur leur budget. Dans tous nos territoires, et notamment dans mon département de l'Ariège, nos artisans et nos apprentis risquent d'en payer le prix. Il y a derrière ces chiffres des réalités concrètes : des suppressions de postes, des équipes fragilisées, des centres de formation menacés de fermeture. Chacun connaît pourtant le rôle essentiel joué par les CMA dans l'accompagnement des entreprises artisanales, dans la transmission des savoir-faire et dans l'emploi local, notamment en direction des jeunes.
Monsieur le ministre, cette rupture unilatérale de la trajectoire budgétaire négociée avec l'État suscite une profonde inquiétude et remet en cause la confiance accordée à la parole publique. Ma question est simple : comptez-vous assurer, dès le prochain projet de loi de finances, le rattrapage en apportant ces 6 millions d'euros manquants au réseau des chambres de métier de l'artisanat ? Plus largement, quelles garanties le gouvernement peut-il apporter pour assurer la pérennité des CMA et éviter que nos artisans et nos apprentis ne deviennent les grands perdants de cette décision budgétaire ? Enfin, comment entendez-vous préserver l'attractivité de l'apprentissage ?