Pierre MeurinMadame la ministre déléguée chargée de l'autonomie et des personnes handicapées, je veux appeler votre attention sur l'association Sésame autisme Occitanie Est, que vous devez connaître considérant votre portefeuille ministériel. Depuis plusieurs années, de nombreux dysfonctionnements graves sont signalés au sein de cette structure médico-sociale largement financée par des fonds publics, notamment en matière de gestion financière, de gouvernance et de conditions de prise en charge des usagers. Pour rappel, cette association dispose d'environ 18 millions d'euros de budget, dont deux tiers financés par l'agence régionale de santé et un tiers par le département.
En 2021, un rapport d'inspection de l'Agence régionale de santé d'Occitanie avait déjà mis en évidence des fragilités importantes. Depuis lors, plusieurs décisions prud'homales ont condamné l'association pour des irrégularités dans la gestion des salaires et des cotisations sociales, certaines de ces décisions ayant été confirmées par le juge de l'exécution. Plus récemment, un contrôle de l'Urssaf, dont les conclusions n'ont pas été rendues publiques, aurait relevé de nouvelles anomalies ayant notamment conduit à des démissions au sein de la gouvernance. Plusieurs éléments concordants tels que des anomalies persistantes sur les cotisations sociales, des incohérences déclaratives ou encore l'absence de correction effective malgré des alertes répétées font naître des interrogations sérieuses quant à la bonne utilisation des fonds publics alloués à cette structure, ainsi que des soupçons de dysfonctionnements susceptibles de relever d'irrégularités plus graves. De surcroît, l'inspection du travail a relevé en 2025 une situation d'affiliation irrégulière de salariés au régime agricole, en l'occurrence à la MSA, la mutualité sociale agricole – aller expliquer à des salariés du médico-social qu'ils sont agriculteurs paraît effectivement un peu absurde, même si leur activité relève du secteur médico-social.
Une telle situation, prétendument en cours de régularisation selon l'association, soulève des interrogations quant à ses conséquences sur les droits sociaux de plusieurs milliers de salariés sur une longue période. Dans le même temps, plusieurs alertes font état d'un climat social dégradé, confirmé par une expertise en risques psychosociaux en 2026, ainsi que de difficultés dans les conditions matérielles d'accueil de certains établissements, notamment le foyer d'accueil médicalisé La Pradelle, situé à Saumane, pour lequel des questions de conformité des locaux et de sécurité sanitaire ont été soulevées.
Enfin, des signalements récents portant sur des faits susceptibles de relever d'agressions à caractère sexuel concernant des personnes vulnérables ont donné lieu à des interventions de l'ARS, suscitant des interrogations sur les modalités d'intervention des autorités auprès des usagers.
Tous ces dysfonctionnements interrogent directement le rôle des autorités de tutelle, au premier rang desquelles l'ARS et le département du Gard – donc vous et votre ministère –, ainsi que la région Occitanie, quant au suivi effectif de cette structure en dépit des alertes répétées depuis plusieurs années. Dans ce contexte, au regard des responsabilités de l'État en matière de contrôle des établissements médico-sociaux et de protection des personnes vulnérables, je souhaite vous interroger sur les suites que le ministère va donner à cette situation et savoir s'il compte intervenir pour mettre fin à ce qui relève à mon sens d'un scandale grave, puisqu'il repose sur des dysfonctionnements, voire sur des situations de maltraitance à l'encontre d'adultes lourdement handicapés – je suis en train de recueillir des témoignages à ce propos. Il y a lieu que l'État intervienne. Je vous remercie par avance pour votre diligence.