Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l'intelligence artificielle et du numérique. Le gouvernement est pleinement conscient des enjeux inhérents à votre question. Nous avons eu l'occasion d'échanger à plusieurs reprises sur le sujet.
En l'état du droit, la pension civile des fonctionnaires de l'État est liquidée selon les règles fixées par le code des pensions civiles et militaires de retraite. Elle est calculée sur la base du seul traitement indiciaire perçu au cours des six derniers mois de carrière, et non sur l'ensemble des éléments de rémunération servis à raison du lieu d'affectation. Dès lors, les majorations et compléments de rémunération servis outre-mer ne sont pas assimilés, en droit, au traitement de référence retenu pour la liquidation de la pension civile.
Le régime de retraite additionnelle de la fonction publique permet, pour l'ensemble des fonctionnaires, de constituer des droits à retraite sur une partie des primes et indemnités.
Le régime spécifique prévu par la loi de finances pour 2024 répond à une situation particulière : l'extinction progressive de l'indemnité temporaire de retraite et la nécessité d'un mécanisme de substitution pour les agents relevant de Wallis-et-Futuna, de la Polynésie française, de la Nouvelle-Calédonie et de Saint-Pierre-et-Miquelon.
Ce dispositif permet aux fonctionnaires de l'État, magistrats et militaires en activité dans ces territoires de cotiser volontairement au Rafp, au-delà du plafond de droit commun, sur les éléments de rémunération liés à leur affectation. Sa création a apporté une réponse ciblée, contributive et encadrée à l'extinction progressive d'un dispositif de pension spécifique, l'indemnité temporaire de retraite, qui ne concernait pas l'ensemble des territoires ultramarins.
Le gouvernement considère toutefois que l'application de la cotisation volontaire doit désormais faire l'objet d'une évaluation précise. Un premier bilan sera présenté en septembre 2026. Il permettra d'apprécier le recours effectif au dispositif, son appropriation par les agents concernés et ses effets attendus sur les droits constitués, ainsi que les éventuelles difficultés administratives ou financières rencontrées.
Plus largement, vos questions invitent à une réflexion d'ensemble sur l'équité des règles de retraite applicables aux agents publics ultramarins. Cette réflexion devrait notamment porter sur les conditions dans lesquelles certains éléments de rémunération pourraient, à l'avenir, être mieux articulés avec l'assiette des cotisations et les droits à retraite, dans le respect du principe contributif et de la soutenabilité financière des régimes.
Dans l'immédiat, le gouvernement entend donc tirer le bilan complet de la cotisation volontaire créée en 2024, tout en poursuivant les travaux permettant d'identifier, pour l'avenir, les voies d'une meilleure équité entre les agents publics, en tenant compte des réalités économiques propres aux territoires ultramarins. Je vous propose également de poursuivre ces échanges lors d'un rendez-vous de travail avec le ministre David Amiel, chargé de cette question.