La lutte contre l'épidémie de virus de l'immunodéficience humaine (VIH) constitue une priorité constante de la politique de santé publique conduite par le Gouvernement. La France s'est dotée d'une approche de prévention combinée parmi les plus complètes d'Europe, articulant des outils complémentaires : préservatifs pris en charge, dépistage du VIH sans ordonnance et sans avance de frais, Prophylaxie pré-exposition (PrEP) orale prise en charge à 100 %, traitement post-exposition pris en charge à 100 % et traitements antirétroviraux pris en charge à 100 %. Cette accessibilité est complétée par un maillage territorial de structures dédiées, notamment les centres gratuits d'information, de dépistage et de diagnostic et les centres de santé et de médiation en santé sexuelle, récemment créés pour renforcer l'accès aux soins des populations les plus éloignées du système de santé. Les résultats de cette politique sont objectivés chaque année par les données épidémiologiques publiées par santé publique France. La cascade de soins de 2024 établit que 94 % des personnes vivant avec le VIH en France étaient diagnostiquées, que parmi elles 96 % étaient sous traitement antirétroviral, et que 97 % des personnes traitées présentaient une charge virale indétectable. Ces trois indicateurs s'inscrivent dans le cadre des objectifs « 95-95-95 » fixés par l'ONUSIDA pour 2030 : que 95 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique ; que 95 % des personnes diagnostiquées soient sous traitement ; et que 95 % des personnes traitées aient une charge virale supprimée, condition essentielle pour garantir le principe « Indétectable = Intransmissible ». La France se situe ainsi à un niveau très proche de ces objectifs internationaux, ce qui témoigne de la qualité et de la robustesse de son système de prise en charge. Sur le plan des innovations biomédicales, la France a été le premier pays de l'Union européenne à commercialiser, en février 2026, une PrEP à longue durée d'action, Apretude (cabotégravir), administrée tous les deux mois par injection. Ce mode d'administration représente une avancée majeure pour toucher des publics aujourd'hui insuffisamment couverts par la PrEP orale : femmes, personnes en situation de migration, personnes vulnérables ou encore éloignées du soin, pour qui la contrainte d'une prise quotidienne constitue un obstacle réel à l'observance. Ce traitement est par ailleurs pris en charge à 100% par l'Assurance maladie obligatoire, afin de lever les freins à son accès, notamment pour les patients précaires ou ne disposant pas de complémentaire santé. S'agissant du lénacapavir, bien qu'une autorisation de mise sur le marché ait été octroyée en Europe, avant toute commercialisation en France, ce médicament doit faire l'objet d'un avis de la commission de la transparence de la haute autorité de santé, ainsi que de la négociation d'un prix auprès du comité économique des produits de santé. Toute nouvelle molécule susceptible de représenter un progrès pour les patients fait l'objet d'un examen rigoureux, dans une démarche constante d'équilibre entre accès à l'innovation pour les personnes concernées et soutenabilité pour l'Assurance maladie. Le Gouvernement suit avec attention les innovations thérapeutiques en cours d'évaluation ou de commercialisation à l'étranger.