Les actions conduites par le Gouvernement visent à permettre, pour chaque enfant, la réalisation du projet de vie dans une visée inclusive avec un accompagnement adapté et évolutif. Le Gouvernement vise prioritairement à ce que les enfants, adolescents et jeunes adultes en situation de handicap soient scolarisés en milieu ordinaire, et par définition dans leur établissement scolaire de référence, en conformité avec les orientations de la loi pour une école de la confiance. L'accès à la scolarisation pour les élèves en situation de handicap a ainsi connu une nette amélioration en deux décennies. Entre la rentrée 2005 et celle de 2025, le nombre d'élèves en situation de handicap a plus que triplé, passant de 151 500 à 520 600. Le développement des Accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) a constitué une avancée importante pour offrir un soutien adapté aux élèves avec près de 140 000 personnels dédiés. Au niveau national, ce sont ainsi 17 000 postes d'AESH qui ont été créés en cinq ans, dont 3 000 à la rentrée 2024 et 2 000 à la rentrée 2025. À La Réunion, des évolutions sont observées ces dernières années, et ont encore vocation à se poursuivre. L'académie a ainsi renforcé ses moyens humains, avec environ 3 100 AESH en poste et des recrutements supplémentaires à la rentrée 2025 (près de 90 accompagnants en plus). En parallèle, les efforts se poursuivent pour structurer davantage le modèle de l'école pour tous en simplifiant les démarches, en renforçant la formation des professionnels et en réaffirmant la nécessité d'amplifier la coopération avec les professionnels du secteur médico-social au sein même de l'école, avec des réponses graduées selon la nature des besoins évalués. Un profond mouvement d'évolution est en effet engagé afin que l'offre médico-sociale ne représente pas la seule réponse aux besoins des personnes en situation de handicap mais qu'elle vienne en soutien de leurs parcours. L'objectif poursuivi par le Gouvernement depuis plusieurs années maintenant vise à faire émerger de nouvelles solutions d'accompagnement modulaires et tournées vers le milieu ordinaire, pour accélérer la transformation des établissements et services et dépasser la logique de place. Les engagements pris lors de la dernière Conférence nationale du handicap (CNH) en date du 26 avril 2023 illustrent ce changement de paradigme sans obérer l'aspect quantitatif de l'offre médico-sociale à destination des personnes en situation de handicap. Dans le champ de l'école inclusive, la CNH a ainsi été l'occasion d'annoncer la transformation des pôles inclusifs d'accompagnement localisés en Pôles d'appui à la scolarisation (PAS). Renforcés d'un professeur spécialisé et d'un éducateur spécialisé, les PAS permettent d'assurer : - des réponses de premier niveau sans notification de la maison départementale des personnes handicapées : aménagements pédagogiques ; matériel adapté ; appui ponctuel de professionnels médico-sociaux ; - la coordination et mise en œuvre de l'accompagnement humain. Ils s'adressent aux élèves présentant des besoins éducatifs particuliers, plus particulièrement les élèves dont la situation est susceptible de présenter ou d'évoluer vers une situation de handicap. Depuis la rentrée 2025, 400 PAS sont installés au total, dont 28 à la Réunion. D'autres PAS ont vocation à être mis en place à la rentrée 2026, en vue d'une généralisation progressive. Ce sont, à terme, 3 000 PAS qui doivent être créés pour couvrir l'ensemble du territoire. Plus largement, le Président de la République a annoncé un plan pluriannuel de développement de l'offre d'accompagnement, dit « plan des 50 000 solutions », avec pour objectifs de conforter l'offre d'accompagnement en volume, corriger les disparités territoriales constatées et accompagner la transformation de l'offre vers la transition inclusive. Doté d'un montant de 1,5 milliard d'euros programmés sur la période 2024-2030, il a notamment vocation à servir les engagements nationaux traduits dans les différentes stratégies nationales (le déploiement des PAS, la stratégie pour les troubles du neurodéveloppement etc.) et à créer des solutions à destination de publics identifiés comme prioritaires parmi lesquels ceux relevant de l'aide sociale à l'enfance. La prochaine CNH de septembre 2026 renforcera encore davantage le rapprochement entre l'Éducation nationale et le médico-social en créant des services médico-sociaux postés dans les murs de l'école et en confiant une responsabilité territoriale partagée entre le directeur académique des services de l'Éducation nationale et l'agence régionale de santé en lien avec la maison départementale des personnes handicapées et l'aide sociale à l'enfance. Cette gouvernance partagée sera l'occasion de travailler ensemble les réponses à apporter aux enfants et adolescents. À La Réunion, le plan « 50 000 solutions » est intégré dans la programmation régionale 2024-2030 ; 37,4 M€ sont délégués à l'agence régionale de santé pour financer des solutions locales de prise en charge des personnes en situation de handicap, avec une contribution globale envisagée de 44,1 M€ pour répondre aux besoins spécifiques du territoire. Ces solutions seront plutôt la réponse au besoin sans forcément créer un nouvel institut médico-éducatif. C'est le sens de la transformation de l'offre médico-sociale.