Plusieurs associations et personnalités ont appelé l'attention du ministère de la culture sur la situation de l'atelier de la Grande Chaumière, situé 14, rue de la Grande-Chaumière, dans le 6e arrondissement de Paris. Un premier bâtiment, donnant actuellement sur le fond de la première cour, est édifié au début des années 1830, accessible depuis la rue par une porte cochère. La parcelle est densifiée en 1902-1904 par la construction de deux corps de bâtiments : le premier, sur rue, est réalisé en briques et pierres et ultérieurement surélevé pour accueillir un atelier de peinture ; le second, dans la partie nord-est de la parcelle, donnant sur la seconde cour, est réalisé en pans de bois et remplissage de briques et dédié à des ateliers d'artistes. Ces deux corps de bâtiments sont reliés par une galerie largement vitrée. C'est dans cet ensemble qu'est fondée en 1904, par deux peintres, Martha Stettler et Alice Dannenberg, l'Académie de la Grande Chaumière, bientôt institution majeure du Montparnasse artistique, qui a accueilli de grands artistes du 20e siècle. La mise en vente du bâtiment, en 2018, après qu'il a été mis fin au bail de l'Académie, a fait craindre pour l'avenir de ce lieu emblématique du quartier Montparnasse, mais aussi de l'enseignement et de la création artistique au 20e siècle, en France et dans le monde. Le ministère de la culture mène une politique volontariste de soutien en faveur de la conservation du patrimoine. Une démarche de protection au titre des monuments historiques a été initiée en 2018, lorsque plusieurs associations s'étaient inquiétées de la vente annoncée des bâtiments. Réunie en novembre 2018, la commission régionale du patrimoine et de l'architecture (CRPA) d'Île-de-France s'est prononcée en faveur d'une inscription partielle au titre des monuments historiques (façades et toitures du bâtiment en pans de bois, une partie des intérieurs de l'Académie), à laquelle il n'a toutefois pas été donné suite. Après le récent départ de l'Académie, le propriétaire, qui envisage la restauration des lieux en conservant un usage culturel (expositions, résidences d'artistes, offre d'espaces de convivialité), a demandé une protection au titre des monuments historiques plus étendue. Ainsi, la CRPA d'Île-de-France, dans sa séance du 7 octobre 2025, a émis un avis favorable à l'inscription non seulement du bâtiment en totalité (façades, toitures et intérieurs), mais aussi des sols des cours. L'arrêté préfectoral est en cours de préparation.