Le secteur de l'élevage bovin est stratégique en France, pour l'alimentation, la souveraineté alimentaire et pour les externalités positives qu'il peut générer (entretien des espaces et des paysages, fertilisation organique, économie des territoires, etc.). Il est néanmoins confronté à de forts enjeux liés à la décapitalisation progressive du cheptel et donc son potentiel de production. Ce phénomène s'explique par de multiples facteurs économiques et démographiques : un important flux de départ en retraite des éleveurs bovins, une intensité capitalistique qui freine les installations, une attractivité déclinante. En conséquence, les exploitations spécialisées en élevage bovin ont diminué de 25 % entre 2010 et 2020, et tous les maillons de la filière bovine se retrouvent durement impactés économiquement, y compris les abattoirs qui sont pour la plupart en surcapacité de production et n'ont pas la trésorerie nécessaire pour renouveler les équipements vieillissants. Face à ce constat, le plan France Relance a instauré en 2020 une mesure visant à soutenir la modernisation des abattoirs grâce à des investissements matériels ou immatériels dans les outils d'abattage sur le territoire national, notamment pour améliorer la protection animale et les conditions de travail des opérateurs. Ce plan de modernisation des abattoirs a été doté d'une enveloppe de 115 millions d'euros et a rapidement rencontré un vif succès : sur les 181 abattoirs retenus et qui ont bénéficié d'une aide au titre de cet appel à projets, 84 concernent des abattoirs multi-espèces et 17 concernent des abattoirs spécialisés en bovin. Ce plan de modernisation des abattoirs a également pour rôle clé de soutenir les projets valorisant les produits des filières de proximité, pour conforter les activités d'élevage dans l'ensemble du territoire. Dans le cadre de la stratégie abattoirs impulsée en juillet 2023 par le ministère chargé de l'agriculture, en association avec les professionnels et les collectivités territoriales, chaque direction régionale du ministère est chargée de conduire un diagnostic visant à évaluer l'adéquation entre le besoin et l'offre en matière d'abattage, afin de préserver un maillage pertinent des abattoirs et ainsi garantir la pérennité des filières d'élevage. La conclusion du diagnostic des Pays de la Loire soulignait un besoin de restructuration des outils d'abattage de bovins inévitable à court terme : en effet, les sites d'abattage de la région affichaient déjà en 2020 un niveau de saturation faible. Fin 2023, des outils ne fonctionnaient que quatre jours sur cinq. Compte tenu de la baisse des cheptels, le taux de saturation des abattoirs est estimé par l'étude à 56 % à l'horizon 2030, très en dessous d'une activité rentable pour un secteur qui emploie beaucoup de main-d'œuvre et mobilise des capitaux importants. Compte tenu du positionnement géographique de l'abattoir de Charal, à Sablé-sur-Sarthe, la fermeture du site ne se traduit globalement pas par un allongement significatif des distances parcourues par les bovins abattus. S'agissant de la dimension salariale, le groupe Bigard a indiqué avoir promu le reclassement interne de ses salariés dans ses différents sites.